Le Parti populaire (PP) espagnol officialise son virage vers l’extrême droite. Le premier parti d’opposition en Espagne s’est dit ce lundi 29 décembre prêt à se tourner vers Vox pour faire voter des lois s’il accédait au pouvoir, excluant alors toute forme de «cordon sanitaire» autour de ce dernier.
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Si le PP ne disposait pas de la majorité absolue après les élections générales, Alberto Núñez Feijóo, le chef du parti, s’est engagé lors de sa conférence de presse de fin d’année à «chercher des accords pour la gouvernabilité de l’Espagne» évoquant «des pactes et accords ponctuels pour approuver les budgets et d’autres lois essentielles aux réformes dont l’Espagne a besoin».
«Ton conciliant»
Le parti espagnol d’extrême droite Vox a encore récemment confirmé sa position de troisième parti du pays lors d’élections régionales en Estrémadure (ouest), largement remportées par le PP. «Vox est le troisième parti en Estrémadure, il a consolidé sa position, il a de bons sondages au niveau national. Nous verrons quelle sera sa position aux élections générales, mais, en tout cas, notre cordon sanitaire, c’est Bildu [la formation basque héritière de la branche politique d’ETA, ndlr]. Ce ne sera pas Vox, ni les électeurs de Vox», a assuré Alberto Núñez Feijóo, dont le parti a déjà dirigé plusieurs régions dans des coalitions avec l’extrême droite.
Analyse
Selon El Pais, le chef de file du Parti populaire a adopté «un ton conciliant» envers Vox, conscient qu’il «dépend de ses voix en Estrémadure pour que [María] Guardiola [membre du PP et présidente d’Estrémadure depuis 2023, ndlr] soit investie présidente».
«Pactes spécifiques»
Selon le quotidien espagnol, la prise de position d’Alberto Núñez Feijóo contraste également avec son engagement pris lors du premier congrès du PP en juillet, où il s’était engagé à gouverner seul s’il accédait au pouvoir, «Aujourd’hui, il a souligné que cet objectif demeure inchangé», rapporte le quotidien. «Les principes fondamentaux restent les mêmes. Nous tenterons de gouverner seuls ; c’est notre but. En l’absence de majorité, nous devrons conclure des pactes et des accords spécifiques», a affirmé le chef de parti.
Récit
Les prochaines élections générales en Espagne doivent avoir lieu à l’été 2027. Même s’il est ébranlé par plusieurs affaires judiciaires touchant son entourage et des cas de harcèlement sexuel au sein du Parti socialiste, le Premier ministre, Pedro Sánchez, a plusieurs fois assuré qu’il irait jusqu’au bout de son mandat. Le dirigeant socialiste a de nouveau exclu à la mi-décembre convoquer des élections législatives anticipées ou procéder à une refonte totale de l’exécutif, préférant gagner du temps. Lors de son discours, Alberto Núñez Feijóo n’a pas hésité à qualifier l’année 2025 comme la marque de «l’effondrement total des politiques de Sánchez».




