Les Etats-Unis ont besoin du Groenland pour leur sécurité nationale, affirme Donald Trump
Dans un message publié sur son réseau Truth Social, Donald Trump a justifié sa volonté d’une prise de contrôle du territoire arctique comme un «besoin vital» pour la «sécurité nationale» des Etats-Unis. Et d’ajouter que «l’OTAN devrait nous aider à l’obtenir» et que «si nous ne le faisons pas, la Russie ou la Chine le feront, et cela n’arrivera pas !». «Sur le plan militaire, sans la puissance considérable des États-Unis, que j’ai en grande partie bâtie au cours de mon premier mandat et que je porte aujourd’hui à un niveau encore plus élevé, l’OTAN ne serait pas une force ou un moyen de dissuasion efficace, loin s’en faut !», rappelant que tout autre scénario que celui qu’il défend «inacceptable».
«Pas le moment» d’envisager l’indépendance du territoire, selon le Premier ministre Groenlandais
Le Premier ministre groenlandais a fait savoir que «ce n’était pas le moment» de parler de l’indépendance future de l’île arctique et de compromettre son droit à l’autodétermination, alors que Trump multiplie les menaces pour en prendre le contrôle. «Je ne pense pas que ce soit le moment d’en parler. Nous ne devrions pas jouer avec notre droit à l’autodétermination alors qu’un autre pays parle de nous annexer», a martelé le Premier ministre Jens-Frederik Nielsen dans une interview accordée aux médias groenlandais. Avant d’ajouter : «Cela ne signifie pas que nous ne voudrons pas quelque chose de différent à l’avenir. Mais ici et maintenant, nous faisons partie du royaume (danois) et nous soutenons le royaume. C’est particulièrement important dans cette situation grave».
La France et l’Allemagne vont participer à une mission militaire européenne de reconnaissance
Paris, Berlin et Stockholm ont annoncé ce mercredi soir envoyer des troupes pour participer à une «exploration du Groenland» de jeudi à samedi afin de soutenir le Danemark. «L’objectif est d’examiner les conditions-cadres en vue d’éventuelles contributions militaires destinées à soutenir le Danemark dans la garantie de la sécurité dans la région, par exemple dans le domaine des capacités de surveillance maritime», a déclaré le ministère de la défense allemand dans un communiqué, ajoutant envoyer jeudi une «équipe de reconnaissance» composée de 13 membres de la Bundeswehr, l’armée allemande, à Nuuk, la capitale groenlandaise.
Ursula von der Leyen apporte son soutien au Groenland
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a apporté son soutien au Groenland face à l’intérêt croissant du président américain Donald Trump, affirmant que le territoire «appartient à son peuple» et insistant sur le fait qu’elle était en contact avec le Danemark à ce sujet. «Le Groenland appartient à son peuple, c’est donc au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions qui concernent le Danemark et le Groenland. C’est le point numéro un, c’est très important», a-t-elle fait savoir. Elle a ajouté que l’UE était en contact avec le gouvernement danois «également pour écouter leurs besoins» et souligné que le Groenland faisait partie de l’OTAN.
La relation transatlantique «est en train de se dissoudre» selon Berlin
Le vice-chancelier allemand Lars Klingbeil a fustigé cet après-midi aux dernières déclarations de Donald Trump qui indique que la prise de contrôle du Groenland par les Etats-Unis est un «besoin vital» pour la «sécurité nationale» américaine. Selon Lars Klingbeil, la relation transatlantique est «en train de se dissoudre» tandis que l’Europe «voit toutes ses certitudes remises en question». «L’alliance transatlantique subit une mutation beaucoup plus profonde que nous ne voulions peut-être l’admettre jusqu’à présent», a-t-il reconnu lors d’un discours prononcé à l’institut économique DIW de Berlin.
Emmanuel Macron met en garde contre les conséquences «sans précédent» d’une prise de contrôle américaine
Le président français a alerté ce mercredi après midi autour des conséquences «sans précédent» d’une prise de contrôle du territoire arctique par les Etats-Unis alors que les diplomates danois et groenlandais sont attendus plus tard dans la journée à la Maison Blanche pour une rencontre avec JD Vance. «Si la souveraineté d’un pays européen et allié était affectée, les répercussions seraient sans précédent», a déclaré le président français Emmanuel Macron lors d’une réunion du Conseil des ministres. «Nous ne sous-estimons pas les déclarations sur le Groenland», a enfin déclaré le chef de l’Etat, cité par la porte-parole du gouvernement français Maud Bregeon.
Devant l’Assemblée, Sébastien Lecornu a pour sa part appelé à prendre au sérieux les menaces américaines : «Il est clair que les intentions de l’administration Trump sont sérieuses et qu’elles doivent désormais être prises très au sérieux et que nous ne devons absolument pas sous-estimer la parole du président américain», a affirmé le chef du gouvernement français, redisant que la France était «dans une pleine solidarité avec le Danemark et les autorités légitimes du Groenland». «La défense de la souveraineté des autres pays conditionne la protection de notre propre souveraineté», a-t-il fait valoir.
Le consulat de France ouvrira le 6 février à Nuuk
Le chef de la diplomatie française a annoncé ce mercredi matin sur RTL l’ouverture d’un consulat français au Groenland, pour le 6 février. «C’est un signal politique qui s’associe à une volonté d’être plus présent au Groenland, y compris dans le domaine scientifique», a détaillé Jean-Noël Barrot à l’antenne. Et d’ajouter que le territoire n’est pas à vendre : «Le Groenland ne veut ni être possédé, ni être gouverné, nié, ni être intégré par les Etats-Unis. Le Groenland a fait le choix du Danemark, le choix de l’Otan et le choix de l’Union.»
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A propos des velléités américaines, Jean-Noël Barrot a observé que s’emparer du territoire «paraît évidemment très incongru parce que pour un membre de l’Otan, cette alliance de sécurité qui, depuis presque quatre-vingts ans, associe l’Amérique du Nord avec l’Europe, s’en prendre à un autre membre de l’Otan, ça n’aurait aucun sens, ce serait contraire même aux intérêts des Etats-Unis», a ajouté le ministre. «Ce chantage doit naturellement cesser», a-t-il également souligné.
Entretien à la Maison Blanche avec les chefs de la diplomatie danoise et groenlandaise
L’objectif de la rencontre : désamorcer la crise. Les chefs de la diplomatie danoise et groenlandaise vont participer ce mercredi à la Maison Blanche à une réunion sous haute tension. Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, avait sollicité ce temps de parole avec le secrétaire d’Etat, Marco Rubio. Le vice-président américain JD Vance a également prévu de s’entretenir avec les deux diplomates.
Depuis son retour au pouvoir, il y a près d’un an, Donald Trump évoque régulièrement son envie de prendre le contrôle de l’île arctique, stratégique mais peu peuplée. Des menaces qui ont redoublé depuis la capture début janvier du président vénézuélien, Nicolás Maduro. «Nous sommes confrontés à une crise géopolitique et si nous devons choisir entre les Etats-Unis et le Danemark là, maintenant, nous choisissons le Danemark», a rappelé mardi soir chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, en déplacement à Copenhague. L’entretien du jour à la Maison Blanche, qualifié de «moment le plus important de l’histoire du Groenland» par certains experts danois, aura lieu à 15 h 30 (heure de Paris).
Le contingent militaire danois se renforce sur l’île arctique
Avant la rencontre du jour à Washington, le ministre danois de la Défense a annoncé ce matin que son pays allait «renforcer sa présence militaire» au Groenland alors qu’il mène un «dialogue continu» avec l’Otan pour renforcer la présence de l’Alliance en Arctique. «Nous continuerons de renforcer notre présence militaire au Groenland, mais nous allons également insister au sein de l’Otan sur davantage d’exercices et une présence accrue de l’Otan dans l’Arctique», a écrit Troels Lund Poulsen dans un communiqué en réactions aux critiques américaines incessantes.




