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La médiatrice de l’Union européenne, Teresa Anjinho, au cœur de soupçons de népotisme

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En nommant son chef de cabinet «secrétaire général» de ses services, la plus haute fonction des institutions communautaires, au terme d’une procédure qu’elle a contrôlée de bout en bout, la Portugaise prête le flanc aux accusations de conflit d’intérêts.

La médiatrice européenne Teresa Anjinho. (Parlement Européen. Jean Isenmann/Only France. AFP)
ParJean Quatremer
Correspondant européen
Publié le 14/11/2025 à 14h29

La nouvelle médiatrice européenne est-elle tombée dans les pires travers de la «mauvaise administration», alors que sa mission est justement de la traquer au sein des institutions communautaires ? En nommant, fin octobre, son chef de cabinet, le Grec Lambros Papadias, «secrétaire général» de l’administration de l’ombudsman (lire ci-dessous) au terme d’une procédure à la légalité possiblement douteuse, la Portugaise Teresa Anjinho, en poste depuis le 27 février 2025, a pris le risque de prêter le flanc à l’accusation de conflit d’intérêts et de népotisme. Une «faute grave» qui, si elle est confirmée, pourrait lui valoir d’être destituée par la Cour de justice de l’Union européenne sur recommandation du Parlement européen. Le Parquet européen pourrait aussi s’intéresser à l’affaire puisque les intérêts financiers de l’UE sont directement concernés.

Qu'est-ce qu'un «ombudsman» ?

La fonction de médiateur européen a été créée par le traité de Maastricht de 1992 afin de traiter les cas de «mauvaise administration» dans les institutions communautaires dénoncées par les citoyens européens (2 400 plaintes en 2023). Il peut aussi s’autosaisir. Le médiateur est élu par le Parlement européen, auquel il est institutionnellement lié, pour cinq ans renouvelables. Il dispose d’une petite structure de 75 personnes dont le siège est à Strasbourg, même si la médiatrice et son cabinet passent l’essentiel de leur temps à Bruxelles.

La procédure de recrutement semble pourtant a priori respecter le statut de la fonction publique européenne. Le poste de secrétaire général, la plus haute fonction au sein des institutions communautaires – dotée d’un grade AD15 au minimum (le grade maximum est AD16) qui assure un salaire compris entre 20 000 et 25 000 euros par mois – était vacant depuis deux ans. En effet, l’Irlandaise Emily O’Reilly, médiatrice exemplaire en poste entre 2015 et 2025, a préféré laisser ce choix particulièrement important à son successeur, puisque le secrétaire général met en musique la politique de l’institution et

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