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Guerre en Ukraine

«La panique est présente partout»: témoignage de notre envoyé spécial dans le Donbass

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Notre correspondant en Ukraine, Stéphane Siohan, envoyé spécial ces derniers jours dans le Donbass, raconte l’atmosphère des dernières heures. Il se trouvait depuis mercredi avec le photographe Rafael Yaghobzadeh à Kramatorsk, une ville de 150 000 habitants, centre administratif de la région du Donbass en Ukraine quand ont retenti les premières frappes russes.

Dans une station essence à Pokrovsk, dans la région de Donetsk, les voitures font la queue ce jeudi. (Rafael Yaghobzadeh/Libération)
ParStéphane Siohan
Envoyé spécial dans le Donbass
Publié le 24/02/2022 à 11h27, mis à jour le 24/02/2022 à 12h20

«Nous séjournions à l’hôtel Edel, dans le centre-ville de Kramatorsk, un vieil hôtel. Nous nous étions couchés inquiets, pas tranquilles, tant les informations reçues dans la soirée étaient alarmantes. Ce matin, à 4h45, une minute pile après la fin du discours de Vladimir Poutine, nous avons ressenti une énorme explosion. Tout le centre-ville de Kramatorsk a tremblé. Nous avons décidé de nous installer pour dormir dans le couloir de l’hôtel, histoire de pouvoir évacuer vite en cas d’attaque. La réceptionniste de nuit nous a regardés sans comprendre ce qui se passait. On lui a demandé la clé de la cave de l’hôtel, pour pouvoir s’y réfugier en cas de bombardement, mais elle ne savait pas où elle était, riait nerveusement.

«Du coup, on a décidé de prendre la voiture, pour rejoindre à cinq minutes de là le plus grand hôtel de la ville, qui dispose d’un abri en sous-sol. On y a retrouvé une vingtaine de journalistes, du monde entier, essentiellement des télévisions. A un moment, on a entendu un énorme sifflement. C’était un jet qui survolait la ville, à très basse altitude. On n’a pas pu identifier s’il s’agissait d

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