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Libération
Liberté de la presse

La télévision grecque censure un reportage sur la censure

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Une journaliste de la chaîne publique grecque ERT, jointe par «Libération», dénonce la censure de son travail par la direction. Et n’hésite pas à soupçonner certaines interférences politiques.

Lors d'une manifestation en soutien à Dimitris Koufodinas à Athènes, le 2 mars. La banderole reprend le nom du livre écrit en prison par le militant d'extrême gauche «Je suis né le 17 novembre». (Louisa Gouliamaki /AFP)
ParFabien Perrier
Correspondant à Athènes
Publié le 21/04/2021 à 16h42

Parfois, les hasards du calendrier apportent un brin d’ironie. Comme en Grèce, depuis quarante-huit heures. Lundi, Mahi Nikolara, une journaliste salariée de la télévision publique grecque ERT, annonçait que son reportage sur «la censure sur les réseaux sociaux» avait été censuré, par sa propre chaîne. Mardi, l’ONG Reporters sans frontières publiait son rapport annuel et reléguait la Grèce de la 65e à la 70e place dans son classement sur la liberté de la presse. RSF évoque «des interpellations de journalistes, parfois violentes, pour les empêcher d’entrer en contact avec les migrants.» L’ONG souligne aussi que les journalistes sont «confrontés aux violences policières et aux interpellations arbitraires limitant ainsi la couverture des opérations de maintien de l’ordre lors des manifestations». Elle pourra donc désormais ajouter : les journalistes ne peuvent apparemment pas diffuser le fruit de leur enquête.

Suspensions de comptes

«J’achevais le montage de mon sujet quand j’ai appris que la chaîne en préparait un autre à la place du mien», e

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