Venu en touriste de Belgique, Tom n’en croit pas ses yeux. «Je n’ai jamais vu une église aussi impressionnante de ma vie. Par contre, je n’ai rien compris et surtout pourquoi elle existe, là, perdue en pleine montagne.» Comme Tom, Kenny, un Américain originaire de Washington, sort de la basilique de Santa Cruz : «C’est vrai que c’est édifiant, gigantesque, fascinant. Mais on m’avait dit que c’était un monument pour les victimes de la dictature de Franco. Mais je n’en ai pas vu la moindre trace…»
Sous une croix de 150 mètres de haut, visible depuis très loin à la ronde, la vallée de Cuelgamuros émerge d’un cirque majestueux couvert de pinèdes et de peupliers, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Madrid. L’ensemble monumental a longtemps été baptisé «mausolée de Franco». Jusqu’à ce qu’en 2019, le socialiste Pedro Sánchez, soucieux d’éliminer tous les symboles publics de la dictature, transfère les restes de l’allié de Hitler et de Mussolini vers un cimetière privé proche de la capitale.
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Pourtant, un demi-siècle après la mort du Caudillo, cette basilique à laquelle mène un couloir long de 262 mètres, et qui débouche sur un autel surmonté d’une coupole de 41 mètres de haut, reste dans les esprits espag




