Bonnet en laine vissé sur la tête, Mathieu Nercessian sautille sur place pour tenter de se réchauffer. Malgré la grisaille, le kinésithérapeute est arrivé à 6 h 30, mercredi 26 novembre, devant l’hôpital Saint-Pierre où il travaille, dans le centre de Bruxelles. Derrière lui, d’immenses banderoles ornent la tente rouge du piquet de grève : «Hôpital précaire, patients au cimetière», «métiers bradés, patients en danger». Pour le troisième jour d’affilée, des mobilisations paralysent les quatre coins de la Belgique.
Une grève nationale inédite, lancée à l’initiative des trois principaux syndicats du pays. Avec un objectif : dénoncer les mesures jugées «antisociales» du gouvernement. Depuis son arrivée au pouvoir début février, la coalition de centre droit – baptisée «Arizona» – a mis à l’agenda une série de réformes structurelles inédites. Pensions, allocations de chômage, flexibilisation du marché du travail… «Le gouvernement attaque sur tous les fronts, lâche Mathieu. Nos conditions de travail se détériorent de plus en plus.» Autour de lui, des dizaine




