La lumière est au bout du tunnel. Le parti du Premier ministre sortant Albin Kurti a remporté les législatives dimanche 28 décembre au Kosovo, les résultats préliminaires officiels suggérant qu’il approche les 50 % des voix, ce qui pourrait mettre fin au blocage politique paralysant ce pays. La Commission électorale centrale a annoncé que cette formation politique, Vetëvendosje (VV), était créditée de 49,79 % des suffrages, après le dépouillement des bulletins dans environ 95 % des bureaux de vote.
Le Parti démocratique du Kosovo (PDK) et la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) arrivent respectivement en deuxième et troisième positions avec 21,18 % et 13,77 %, a ajouté cette instance. Ces chiffres laissent entrevoir la possibilité pour VV d’obtenir jusqu’à 56 des 120 sièges en lice, soit un peu moins que la majorité absolue.
42 % des voix en février
«Nous devons agir au plus vite pour mettre en place les institutions», a lancé Albin Kurti après la publication de ces résultats préliminaires. «J’invite les partis d’opposition à coopérer à l’Assemblée dans l’intérêt des citoyens et du peuple de la République», a-t-il poursuivi.
Cette victoire survient après des mois d’impasse politique. Aux élections du 9 février dernier, son parti avait obtenu 42 % des voix et n’avait ainsi pas réussi à franchir le seuil décisif pour obtenir la majorité, établie à 61 élus sur 120, dans une Assemblée où une vingtaine de sièges sont attribués aux minorités. Aucune coalition ni aucun gouvernement n’avaient en effet émergé, forçant les Kosovars à retourner aux urnes. Dans une chambre divisée, les députés avaient eu besoin après les précédentes législatives de plus de 50 séances pour se mettre d’accord sur un président du Parlement. Faute d’accord, les discussions ont tourné court : VV, le PDK et le LDK se sont accusés tour à tour d’être responsables de la paralysie.
Election
Plus de deux millions de personnes étaient inscrites sur les listes électorales, dont des dizaines de milliers résidant à l’étranger, pour les législatives de dimanche. Les résultats définitifs seront annoncés officiellement après le dépouillement des bulletins de vote de la diaspora. Environ 45 % des électeurs inscrits ont voté, soit plus qu’en février, où le taux de participation avait été de 40,6 %.
Une crise politique dont s’accusent les trois partis
Alors qu’il avait fait campagne en février en promettant de gouverner le Kosovo «d’un bout à l’autre», même dans les territoires en majorité peuplés de Serbes, Albin Kurti a cette fois surtout parlé d’économie. «L’économie se porte très bien et nous allons, cette année encore enregistrer une croissance de 4 % du PIB. Tout au long de mon mandat, nous ne sommes jamais descendus en dessous de 4 %», a-t-il fait valoir.
Reportage
Ces derniers jours, il a également annoncé que le gouvernement verserait 100 euros aux retraités et à chaque famille avec des enfants en bas âge d’ici la fin de l’année. De la «corruption électorale», ont attaqué les deux autres principaux partis, le PDK et la LDK.
Eux aussi ont fait campagne sur l’économie et les catégories sociales les plus fragiles, mais en s’en prenant au bilan du gouvernement sortant. «Le Kosovo a été mal gouverné. Les prix ont augmenté de 40 à 50 %, l’électricité est devenue plus chère, tandis que les salaires et les retraites sont restés presque inchangés», a accusé le chef du PDK, Bedri Hamza.
«Les projets de développement sont restés lettre morte», et «l’inflation a grignoté les revenus», a dénoncé en écho Lumir Abdixhiku, du LDK. Il a aussi attaqué le bilan diplomatique d’Albin Kurti, dont la politique de fermeté envers la minorité serbe a été critiquée par plusieurs alliés, dont les Etats-Unis. «Nous avons perdu la confiance de la communauté internationale», a affirmé Lumir Abdixhiku.




