Son corps sans vie aurait été retrouvé au pied d’un immeuble de la rue Kongressnaya, dans la ville de Krasnodar dans le sud de la Russie. Ivan Petunin ou, selon son nom d’artiste, «Walkie», un rappeur russe âgé de 27 ans, se serait suicidé vendredi 30 septembre, face à la mobilisation décrétée par Vladimir Poutine.
Comme dans toutes les informations qui filtrent de l’invasion russe menée en Ukraine, il convient d’être prudent. Mais dans une vidéo publiée sur son compte Telegram le 25 septembre, «Walkie» a expliqué sa volonté de mettre fin à ses jours. Face caméra, lunettes sur le nez et voix ponctuée de longs silences : «Je ne peux pas commettre le péché du meurtre et je ne le veux pas. Je ne suis pas prêt à tuer pour quelque idéal que ce soit. Assassiner quelqu’un, que ce soit à la guerre ou ailleurs, est quelque chose que je ne peux pas faire», commence le jeune homme.
The Russian rapper Ivan Petunin has committed suicide.
— Visegrád 24 (@visegrad24) October 1, 2022
He recorded a message to his fans about mobilization.
He said he refuses to murder another man.
He said Putin has taken all Russian men captive, leaving them with 3 choices: becoming a murderer, going to prison or suicide. pic.twitter.com/4TCiXC2DDc
Un message qui fait écho à la «mobilisation partielle» des citoyens russes pour partir combattre en Ukraine, décrétée le 21 septembre par Vladimir Poutine. 300 000 réservistes sont partiellement enrôlables pour rejoindre l’armée du Kremlin, au moment où celle-ci ne cesse de perdre du terrain face à la contre-offensive des forces de Kyiv.
L’annonce du président russe a aussitôt déclenché de vives contestations dans le pays, des manifestations dans de nombreuses villes – aussitôt réprimées – et la fuite de milliers de Russes à l’étranger.
Analyse
Anticipant une transformation de cette «mobilisation partielle» en mobilisation «totale dans quelques jours», Ivan Petunin ne souhaitait absolument pas prendre part à cette invasion. «Je ne suis pas prêt à prendre la responsabilité de porter une arme et de tuer des gens. Pardonnez-moi, mes proches, mais parfois vous devez mourir pour vos principes. Et de toute façon, ma dernière décision est de savoir comment je vais mourir. Que ce soit tué par des gens que nous avons attaqués, et rester dans l’histoire comme quelqu’un qui a soutenu ce qui se passe ou exprimant sa dernière protestation», regrette le jeune artiste qui avait très récemment sorti son troisième et dernier album Walk out boy III, disponible sur les plateformes de streaming.
Et celui-ci de conclure par une allusion claire à Vladimir Poutine : «Nous sommes tous devenus les prisonniers d’un maniaque, qui nous donne le choix entre la prison, l’armée et le choix que j’ai fait.»




