L’Europe peut-elle se passer des Etats-Unis sur les plans militaire, économique, financier ou numérique ? Cette question aurait paru lunaire il y a encore un an. Elle taraude désormais tous les responsables du Vieux Continent, atterrés par une administration américaine qui a fait de ses plus vieux alliés des ennemis à soumettre, voire à abattre en quelques mois. Les vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement vont d’ailleurs en débattre jeudi 12 février, à Alden Biesen, au fin fond de la Flandre belge, lors d’une «retraite» de réflexion.
«Les décennies de Pax americana sont de fait achevées», a reconnu le très atlantiste chancelier allemand, Friedrich Merz, dans un discours prononcé à Munich mi-décembre. Un à un, tous les Etats membres de l’Union ont, non sans mal pour les plus atlantistes, fini par prendre conscience que les Etats-Unis avaient cessé d’être un allié et même un partenaire fiable. Les insultes répétées des autorités américaines contre les dirigeants européens, la guerre commerciale déclenchée par Washin




