Il avait transformé un jour de liesse en drame. L’automobiliste britannique qui avait blessé plus de 100 personnes en fonçant dans la foule de supporters lors de la parade de victoire du club de football Liverpool en mai, a été condamné à 21 ans et six mois de prison, ce mardi 16 décembre.
Le juge de la cour criminelle de cette ville du nord-ouest de l’Angleterre s’est montré implacable en prononçant la peine à l’encontre de Paul Doyle, 54 ans : «Vous avez perdu votre sang-froid dans un accès de rage, déterminé à vous frayer un chemin à travers la foule, quelles qu’en soient les conséquences» et «utilisé votre véhicule comme une arme extrêmement dangereuse».
«Horreur»
Le 26 mai, ce père de famille était au volant de sa voiture pour récupérer un ami qui avait participé à la parade célébrant la victoire des «Reds» en championnat d’Angleterre, lorsqu’il s’était engouffré derrière une ambulance avant d’être cerné et bloqué par les supporters. Les images, issues de la vidéosurveillance mais aussi d’une caméra dans sa voiture, montrent la fureur dans laquelle l’homme est entré, hurlant et injuriant les piétons avant de les percuter.
Paul Doyle «a foncé dans la foule, avec l’intention de causer de graves blessures aux personnes qui s’y trouvaient», avait souligné le procureur lors de l’audience lundi, «provoquant l’horreur chez ceux qui pensaient participer à un jour de joie»
Vêtu d’un costume noir, l’ancien militaire et employé dans la cybersécurité, père de deux enfants, a sangloté toute la matinée avant le prononcé de sa peine. Arrêté sur les lieux puis placé en détention le jour de la parade, il avait déclaré à la police : «Je viens de ruiner la vie de ma famille».
Le quinquagénaire avait ensuite plaidé non coupable et maintenu cette version pendant plusieurs mois, jusqu’à un revirement inattendu fin novembre au début de son procès. Il n’a pas donné d’explication à ses actes, pour lesquels la piste terroriste avait très tôt été exclue, avant de reconnaître les 31 chefs d’accusation retenus contre lui, dont celui de tentative de causer des blessures volontaires graves. Ce qui a automatiquement mis fin à la tenue de son procès.
«Courage exceptionnel»
La course folle de Doyle dans le centre de Liverpool, où des centaines de milliers de supporters étaient venus applaudir les joueurs du club défilant dans un bus à impériale, a duré moins de dix minutes. Au total, 134 personnes ont été blessées, parmi lesquelles une cinquantaine ont dû être hospitalisées, selon la police. Des images en montrent certaines projetées contre le capot de la voiture, d’autres tomber sous le véhicule au milieu des cris d’horreur.
La plus jeune victime est un bébé de six mois, qui a été éjecté de sa poussette mais s’en est miraculeusement sorti sans blessure grave. «Ce n’est que par chance que personne n’a été tué», avait souligné l’inspecteur de police John Fitzgerald.
Un ancien militaire, Daniel Barr, était finalement parvenu à monter dans la voiture et à enclencher la boîte automatique en position parking, contribuant ainsi à immobiliser Doyle. «Ses actions ce jour-là ont été d’un courage exceptionnel, à un moment où beaucoup craignaient, à juste titre, pour leur propre sécurité», a souligné le juge.
Le procureur, Paul Greaney, a révélé mardi que Paul Doyle avait été reconnu coupable de plusieurs faits de violence entre ses 19 et 22 ans. Mais il a ensuite pris le chemin d’une vie «positive et productive», puis étudié, travaillé et fondé une famille. Il encourait la réclusion à perpétuité.




