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Libération
Invasion russe

L’Ukraine a reçu une nouvelle proposition de paix des Etats-Unis, avec cession de territoires et réduction de l’armée

«Nous recevons des signaux disant que nous devons accepter ce plan», a déclaré ce mercredi 19 novembre un haut responsable ukrainien auprès de l’AFP.

Donald Trump à Washington le 18 novembre 2025. (Evelyn Hockstein/REUTERS)
Publié le 19/11/2025 à 21h31

Faire une croix sur une partie de son pays et réduire drastiquement son armée. Après plus de deux ans de guerre contre la Russie, tels sont les points qui figurent dans le nouveau plan de paix concocté par les Etats-Unis de Donald Trump et communiqué au gouvernement ukrainien. Kyiv a en effet confirmé ce mercredi 19 novembre au soir avoir reçu une nouvelle proposition de Washington, qui requiert notamment que l’armée ukrainienne cède les territoires actuellement sous contrôle russe et réduise ses forces de plus de moitié, selon des déclarations à l’AFP faites par un haut responsable proche du dossier. Le plan prévoit également que l’Ukraine renonce à toutes ses armes à longue portée.

La proposition américaine inclut la «reconnaissance de [l’annexion de] la Crimée et d’autres régions prises par la Russie» et «la réduction de l’armée à 400 000 personnes», a-t-elle déclaré. «Nous recevons des signaux disant que nous devons accepter ce plan», a déclaré cette même source sous couvert d’anonymat. Et d’ajouter : «Une nuance importante est que nous ne comprenons pas s’il s’agit réellement d’un plan Trump» ou «de son entourage».

Mardi, un article publié par le média américain Axios soulignait que l’administration américaine travaillait sur un plan en 28 points pour mettre fin au conflit en Ukraine. Toujours selon le média, ce plan serait articulé autour de quatre grands axes : la paix en Ukraine, les garanties de sécurité, la sécurité en Europe et les futures relations des Etats-Unis avec la Russie et l’Ukraine

Auprès de ce même média Axios, le directeur du Fonds souverain russe, Kirill Dmitriev - l’interlocuteur principal des Américains sur l’Ukraine -, s’est montré optimiste quant aux chances de succès de l’accord en préparation. Contrairement aux efforts passés, «nous avons le sentiment que la position russe est réellement entendue», a-t-il souligné.

Le Kremlin a prononcé en 2022, outre la Crimée annexée en 2014, l’annexion de quatre régions ukrainiennes supplémentaires, celles de Donetsk et Lougansk dans l’est, Zaporijjia et Kherson au sud, bien que les forces russes n’en contrôlent pas l’ensemble du territoire. A ce jour, la Russie occupe près de 20 % du territoire ukrainien.

«Il faut que les Ukrainiens et les Européens soient impliqués»

Ce plan étatsunien semble ainsi reprendre les conditions maximalistes avancées par la Russie : des exigences dénoncées par Kyiv comme équivalant à une capitulation de facto. La cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, s’est montrée circonspecte ce jeudi 20 novembre : «pour qu’un plan fonctionne, il faut que les Ukrainiens et les Européens soient impliqués, c’est très clair». Et cette idée est partagée par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, «Les Ukrainiens refuseront toujours toute forme de capitulation» a-t-il martelé, rappelant que les Européens défendaient une paix «juste» et «durable».

Faire la paix sans affaiblir la Russie ? Pour le vice-président du Conseil des ministres de Pologne, Radoslaw Sikorski, il convient d’abord de réduire les capacités de nuire du Kremlin. «J’espère que ce n’est pas la victime qui se voit imposer des restrictions sur sa capacité à se défendre, mais bien l’agresseur, dont le potentiel agressif devrait être limité», a-t-il affirmé à Bruxelles. «Toutes les négociations concernant un cessez-le-feu, ainsi que tout développement pacifique ultérieur de l’Ukraine, ne peuvent être discutées et négociées qu’avec l’Ukraine. Et l’Europe devra y être impliquée», a assuré de son côté son homologue allemand, Johann Wadephul.

Mise à jour le 20 novembre à 12 h 47, avec l’ajout des réactions européennes.

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