Volodymyr Zelensky l’a voulue, la «plateforme de Crimée» s’est finalement tenue. En septembre 2020, le président ukrainien avait annoncé, lors de l’assemblée générale de l’ONU à New York, la création d’un mécanisme international, spécifiquement consacré à la désoccupation de la péninsule de Crimée annexée par la Russie en 2014, alors que sous la présidence Porochenko, cette question avait été mise en arrière-plan de la guerre du Donbass, et se limitait au registre déclaratif et émotionnel. Seulement, depuis trois ans, l’occupation de la Crimée s’est doublée d’un blocus maritime de la mer d’Azov et de manœuvres en mer Noire, accroissant la tension et créant de nouveaux risques sécuritaires sur le littoral de l’Ukraine, de Marioupol à Odessa.
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Kiev a donc décidé de remettre la péninsule au centre du jeu diplomatique. Sur le papier, l’objectif est atteint, car 56 pays étaient représentés à la plateforme ce lundi, dont 14 chefs d’Etat et de gouvernement, de même que l’Union européenne et l’Otan. Plusieurs pays réputés proches de l’Ukraine ont ainsi envoyé leur président ou Premier ministre, comme la Pologne, la Suède, l’Estonie ou la Moldavie. Cependant, l’Allemagne, les Etats-Unis ou la France ont préféré jouer la prudence. Jean-Yves Le Drian, un temps annoncé, se faisant ainsi remplacer au pied levé par son ministre délégué Franck Riester (le




