Une douloureuse qui ne passe pas. Samedi, Elon Musk a dit tout le mal qu’il pensait de l’Union européenne après l’amende infligée la veille par Bruxelles à X. C’est évidemment sur son réseau social que le milliardaire a réagi, écrivant que «l’UE devrait être abolie et la souveraineté rendue aux Etats, pour que les gouvernements représentent mieux leur peuple». Difficile de ne pas faire le lien avec les 120 millions d’euros réclamés par Bruxelles à la plateforme pour avoir trompé ses utilisateurs en réservant ses célèbres pastilles bleues, initialement destinées à certifier leur identité, à des abonnés payants, au risque de les induire en erreur.
Ce lundi 8 décembre, la porte-parole de la Commission européenne a réagi, qualifiant en conférence de presse les propos d’Elon Musk de «déclarations complètement folles». Tout en ironisant sur le multimilliardaire qui ne cesse de se plaindre de la soi-disant censure européenne : «Cela fait partie de la liberté d’expression que nous chérissons dans l’UE, et qui permet les déclarations les plus folles.»
L’UE poursuit également le réseau social, soupçonné de ne pas faire montre d’une transparence insuffisante autour des publicités et de non-respect de l’obligation d’accès aux données internes par des chercheurs agréés. Une enquête avait par ailleurs été entamée contre X pour non-respect de ses obligations en matière de contenus illégaux et de désinformation, mais les investigations ne sont pas terminées. Cette amende est la première imposée à une plateforme dans le cadre du règlement sur les services numériques, ou DSA, entré en vigueur il y a deux ans.
Tensions commerciales
Avant même l’officialisation de cette décision, le vice-président américain JD Vance avait dénoncé la démarche européenne, revenant à ses habitudes du mois de février 2025. «L’UE devrait défendre la liberté d’expression au lieu de s’en prendre à des entreprises américaines pour des foutaises», a-t-il lancé, s’attirant un message de remerciement d’Elon Musk. Après la décision, c’est Marco Rubio, le secrétaire d’Etat américain, qui a dénoncé la décision, fustigeant «une attaque contre toutes les plateformes technologiques américaines et le peuple américain par des gouvernements étrangers». L’administration américaine avait multiplié les demandes d’assouplissements auprès de l’Europe sur le dossier, quitte à faire miroiter une baisse des droits de douane en contrepartie.
A lire aussi
L’amende contre X «n’a rien à voir avec de la censure», a répondu la vice-présidente de la Commission européenne chargée du numérique, Henna Virkkunen. «Nous ne sommes pas là pour imposer les amendes les plus élevées, mais pour nous assurer que nos lois sur le numérique soient respectées». L’amende en question peut aller jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel. S’agissant des 120 millions d’euros, la Commission a estimé que la somme «était proportionnée» et prenait en compte «la nature, la gravité et la durée des infractions commises».
L’ancienne ministre finlandaise a rappelé que les investigations concernant la désinformation et les contenus illégaux sur X se poursuivaient et a dit s’attendre à ce qu’elles soient bouclées «plus vite».




