«Honte à vous !» A l’entrée de l’avenue Roustavéli, en plein cœur de Tbilissi, une vingtaine de personnes harangue ceux que l’on appelle ici les «Robocops» – les membres des forces spéciales à peine visibles sous leur casque et leur armure – qui attendent des ordres. Emmitouflée dans sa doudoune, Nino, 41 ans, essaie depuis plus d’une heure de les convaincre de se ranger du côté du peuple. En ce début de soirée, le dialogue, même houleux, est encore possible ; mais dans quelques heures, les forces de l’ordre chargeront à coups de gaz lacrymogène, canons à eaux et déverseront leur violence indiscriminée, dont les vidéos tournent en boucle sur les réseaux sociaux. Lundi 2 décembre au soir, pour la cinquième nuit de manifestations, celles-ci feront au moins 26 blessés selon le ministère de la Santé.
Le scénario se répète chaque jour depuis que le gouvernement, accusé de dérive autoritaire et prorusse, a annoncé




