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Décryptage

Sur les matières premières critiques, l’Europe loin de l’autonomie stratégique

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L’UE reste fortement dépendante de pays tiers pour les métaux indispensables aux technologies vertes, alerte la Cour des comptes européenne, qui dénonce dans un rapport publié ce lundi 2 février des objectifs peu contraignants et des résultats insuffisants.

Vue aérienne d'une mine de bore, un élément nécessaire à la fabrication de panneaux solaires, dans l'ouest de la Turquie, en juillet 2020. (Ali Atmaca/Anadolu.AFP)
Publié le 02/02/2026 à 20h02

L’Union européenne ambitionne d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, et de produire au moins 42,50 % de son énergie à partir de sources renouvelables d’ici à 2030. Consciente de ses dépendances pour de nombreuses matières premières essentielles à la fabrication des technologies de la transition énergétique – panneaux solaires, batteries de voitures électriques, turbines d’éoliennes offshore… –, de sa vulnérabilité sur les chaînes d’approvisionnement, et de la compétition accrue entre les grandes puissances pour en contrôler la chaîne de valeur, l’Union européenne s’est dotée fin 2023 du Critical Raw Materials Act (CRMA). Un règlement visant à sécuriser son approvisionnement en une trentaine de matières premières jugées «critiques» – lithium, nickel, cobalt, cuivre ou autres terres rares –, dont la consommation devrait exploser dans les années à venir. Mais malgré cet objectif industriel affiché, l’UE «peine à surmonter les obstacles qui se dressent sur sa route» et «manque de résultats tangibles», déplore aujourd’hui un rapport de la Cour des comptes européenne.

«Un discours creux»

L’institution indépendante, qui audite les finances de l’UE, contrôle l’utilisation de l’argent public européen et formule des recommandations sur l’efficacité et la transparence des politiques de l’Union,

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