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Migrants mineurs à Ceuta : le gouvernement espagnol sous le feu des critiques

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Le rapatriement express et sans respect des procédures de jeunes Marocains arrivés en mai dans l’enclave espagnole a été suspendu jusqu’à vendredi. Le ministre de l’Intérieur est sur la sellette.

Le 4 juin, à Ceuta, de jeunes mineurs marocains tentent de s'introduire sur le port pour espérer embarquer clandestinement vers le continent. (Hervé Lequeux/Hans Lucas)
ParFrançois Musseau
correspondant à Madrid
Publié le 18/08/2021 à 12h02

D’ordinaire, lorsqu’un rapatriement de mineurs est entouré de controverse, c’est l’opposition qui tire à boulets rouges sur le gouvernement en place. Cette fois-ci, outre les levées de boucliers des ONG et des tribunaux, c’est au sein même de l’exécutif socialiste espagnol que les vents de discorde soufflent contre le ministère de l’Intérieur. Au point que cette crise migratoire apparaît aujourd’hui comme une bombe à retardement pour le titulaire de ce portefeuille, Fernando Grande-Marlaska, lui-même un ancien juge, et désormais sur la sellette.

Vendredi dernier, il organise en catimini le transfert de 15 mineurs marocains se trouvant dans l’enclave espagnole de Ceuta vers leur pays d’origine, de l’autre côté de la frontière. L’opération, qualifiée de «retour assisté», est organisée de concert avec Rabat dans un cadre plus ample : il s’agit de rapatrier un total de 700 adolescents présents à Ceuta, à raison de 15 par jour en autobus.

Dès que la nouvelle est connue, elle provoque de fortes polémiques. Puis, lundi, coup de théâtre. Un juge de Ceuta décrète la suspension de ces rapatriements express jusqu’à vendredi. Motif : les organisateurs de ces «retours assistés» n’auraient pas pris en compte l’étude individualisée des profils des mineurs et se seraient contentés de les regrouper dans des bus avant de les ramener à Fnideq, la ville frontière marocaine d’où proviennent l’immense majorité des adolescents.

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