Menu
Libération
Scandale royal

Norvège : jugé pour viol, Marius Borg Høiby, fils de la princesse héritière Mette-Marit plaide non coupable

Marius Borg Høiby, 29 ans, est poursuivi pour 38 chefs d’inculpation et risque seize ans de prison dans ce procès qui doit s’étendre sur sept semaines.

Marius Borg Høiby, fils de la princesse héritière norvégienne Mette-Marit, le 16 juin 2022 à Oslo. (Håkon Mosvold Larsen/NTB. AFP)
Publié le 03/02/2026 à 10h14, mis à jour le 03/02/2026 à 17h32

Sans surprise. Marius Borg Høiby a plaidé non coupable pour les accusations de viol pour lesquels il est jugé depuis le 3 février. Visage inexpressif, lunettes épaisses et boucle d’oreille, le jeune homme de 29 ans a écouté, debout, la lecture de l’acte d’accusation qui contient 38 chefs passibles au total de 16 ans de prison. Il a reconnu des faits, plus mineurs, de violences, des menaces, une violation à la législation sur les stupéfiants et d’autres infractions routières, notamment.

«Si Marius se dit non coupable [...], c’est tout simplement parce qu’il a perçu l’ensemble des faits comme des relations sexuelles parfaitement normales et consenties», a assuré la défense, après qu’une première plaignante, en pleurs, a relaté une after party en 2018 dans la maison dont Høiby dispose sur le domaine de Skaugum où réside le couple princier, en dehors d’Oslo. 

Après une brève relation sexuelle qu’elle dit avoir interrompue, elle se serait endormie – elle-même ne s’en souvient pas –, la police ayant ensuite retrouvé une vidéo montrant ce qu’elle présente comme une agression sexuelle. 

38 chefs d’accusation

L’affaire jugée au tribunal d’Oslo est retentissante à double titre. D’abord parce que l’accusé n’est autre que le fils - issus d’un autre mariage - de la princesse héritière de Norvège Mette-Marit, mariée au prince Hakon. Ensuite parce que l’audience se déroule quelques jours après les révélations de liens entre cette dernière et le défunt financier pédocriminel Jeffrey Epstein.

Né d’une relation antérieure au mariage de sa mère avec le prince héritier Haakon, Høiby doit faire face à 38 chefs d’accusation, y compris le viol de quatre femmes, des violences physiques et psychologiques, et une infraction à la législation sur les stupéfiants.

Des accusations démenties

Le jeune homme de 29 ans a été de nouveau arrêté dimanche soir sur la base de nouveaux soupçons – atteinte à l’intégrité physique, menaces avec un couteau et violation d’une interdiction de contact – et placé en détention provisoire pour quatre semaines à la demande de la police «en raison du risque de récidive».

Il a jusqu’à présent nié les faits les plus graves qui, combinés, sont passibles de 16 ans de prison. Son procès, qui s’annonce hautement médiatisé et doit durer sept semaines, a débuté à 9 h 30 heure locale au tribunal d’Oslo et se terminera normalement le 19 mars. La matinée sera consacrée à la lecture de l’acte d’accusation sur lequel Høiby sera prié de s’exprimer, et l’après-midi à la déposition d’une première victime présumée de viol.

En amont de la procédure, le procureur Sturla Henriksbø a affirmé à l’AFP que Marius Borg Høiby ne serait traité «ni avec plus d’indulgence ni plus de sévérité» en raison de ses liens avec la famille royale. La défense, elle, n’a pas voulu s’exprimer.

Le jeune homme aux allures de «bad boy» avec ses tatouages et ses boucles d’oreille avait été arrêté le 4 août 2024, soupçonné d’avoir agressé sa compagne au cours de la nuit précédente. Quelques jours plus tard, il dira avoir agi «sous l’influence de l’alcool et de la cocaïne après une dispute», et précisera souffrir de «troubles mentaux» et lutter «depuis longtemps contre la dépendance» à la drogue.

Violences et transports de stupéfiants

L’enquête de la police a permis d’exhumer d’autres délits et crimes présumés, dont les viols de quatre femmes alors qu’elles n’étaient pas en état de se défendre, et qu’il a, pour certains, filmés. En janvier, la police a annoncé six nouveaux chefs d’accusation, dont une infraction de la loi sur les stupéfiants : en 2020, Høiby a transporté, apparemment sans contrepartie, 3,5 kg de marijuana, des faits qu’il a reconnus.

Au total, sept personnes sont recensées comme plaignantes dans comme des victimes présumées. Leur identité est protégée, à l’exception de Nora Haukland, mannequin et influenceuse, qui s’est exprimée publiquement sur des violences qu’elle dit avoir subies.

L’acte d’accusation fait état, entre l’été 2022 et l’automne 2023, alors qu’ils entretenaient une relation, de coups portés au visage à plusieurs reprises, de coups de pied et coups de poing. Le fils de la princesse héritière est accusé d’avoir saisi sa compagne à la gorge, de l’avoir projetée contre un réfrigérateur et insultée.

Haakon prend ses distances

Pire scandale qu’ait connu la famille royale jusqu’à présent, l’affaire a contribué à écorner l’image de l’institution pourtant populaire grâce aux figures rassembleuses mais vieillissantes du roi Harald et de la reine Sonja, tous deux âgés de 88 ans. Le couple princier n’assistera pas au procès. Haakon a brièvement commenté le dossier, assurant que la famille royale était «de tout coeur» avec «les personnes concernées par cette affaire». Tout en rappelant que Marius Borg Høiby «n’appartient pas à la famille royale», il s’est également dit «certain que les responsables du procès veilleront à ce qu’il se déroule de la manière la plus ordonnée, appropriée et équitable possible».

Tiraillée entre ses rôles de mère et de future reine, Mette-Marit mène déjà d’autres combats. Outre la publication des dossiers Epstein mettant en lumière ses correspondances avec le financier, dont elle s’est excusée, elle lutte contre une maladie pulmonaire incurable qui risque de lui valoir bientôt une transplantation périlleuse.

Mise à jour à 17h31 avec les déclarations de la plaignante et les dénégations de la défense

Dans la même rubrique