Menu
Libération
Reportage

«Nous allons là ou personne ne veut plus aller» : en Ukraine, un couple d’anges passe dans le Donbass

Réservé aux abonnés

Lui est malfrat repenti, elle est orpheline d’une mère toxicomane. Ils ont trouvé la foi dans l’église pentecôtiste et mènent depuis des semaines des opérations humanitaires pour une ONG à Pokrovsk, entre évacuations et distributions d’aide.

Ihor and Evguenia au siège des Anges du salut. (Jedrzej Nowicki/Libération)
ParVeronika Dorman
envoyée spéciale dans le district de Pokrovsk
Publié le 16/09/2024 à 10h16

Tous les jours, depuis des semaines, Ihor et Evguenia Ierchov sillonnent les routes accidentées du Donbass pour venir en aide aux civils pris au piège de la guerre, et leur porter la bonne parole. Ils sont à la fois membres hyperactifs de l’association caritative Anges du Salut, spécialisée dans l’évacuation des civils depuis les zones frontalières et la distribution d’aide humanitaire, et missionnaires de l’Eglise évangélique ukrainienne.

Cinq jours avant le début de l’invasion russe de l’Ukraine, 17 février 2022, la petite Anna est née prématurément. Evguenia dut accoucher par césarienne dans une maternité de Dnipro et rentrer à Kourakhove, à 170 km vers l’est, pour s’occuper de ses trois autres enfants en bas âge. C’est là que le couple vivait depuis 2015, quand Ihor, malfrat repenti après dix ans de prison, est devenu pasteur pentecôtiste, énergiquement épaulé par sa jeune épouse Evguenia, orpheline d’une mère toxicomane. Aujourd’hui, alors que les Russes sont à moins de dix kilomètres et que la ville est pilonnée au quotidien, les Ierchov ont transféré à Kyiv leurs petites entreprises (épiceries et garage) ainsi que leurs enfants.

«Aller sous le feu»

La directrice adjointe et le responsable logistique des Anges du Salut ont loué un appartement à Pokrovsk, d’où

Dans la même rubrique