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Reportage

Offensive russe en Ukraine : «C’est dommage, on était si bien à Pokrovsk»

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La ville du Donbass est partiellement désertée en raison de l’intense pilonnage des forces de Moscou depuis des semaines. Les habitants encore présents, qui s’attendent à devoir évacuer, doivent composer avec le couvre-feu, les pénuries d’eau, d’électricité et de gaz.

Dans la nuit de mercredi 11 à jeudi 12 septembre, le pont qui enjambe la voie ferrée, à la sortie est de Pokrovsk, en direction du front, a été plié en deux, pile en son milieu. (Jedrzej Nowicki/Libération)
ParVeronika Dorman
envoyée spéciale à Pokrovsk
Publié le 13/09/2024 à 18h42

Malgré un soleil radieux de fin d’après-midi, le parc Yuvileyny est inerte. Fontaines à l’arrêt, aires de jeu désertes. Même l’eau du lac frémit à peine. De l’autre côté de l’avenue vide en ce mardi 10 septembre, ponctuée de feux rouges éteints, des silhouettes solitaires, immobiles, sur les bancs installés à l’ombre des porches. «Je prends l’air avant de monter me coucher», dit, en s’excusant presque, Vera, une petite vieille au visage flétri, sosie fatigué de Mireille Mathieu, sous sa coupe au bol noir de jais. A Pokrovsk, dans l’est de l’Ukraine, face à l’avancée inexorable des troupes russes, le couvre-feu a été avancé à 15 heures.

Pour l’instant, ce quartier méridional a été relativement épargné par les missiles et les bombes, mais «ça tape de plus en plus fort, surtout la nuit», dit Vera, qui n’a commencé à vraiment s’inquiéter que ces derniers jours. La ligne de contact n’est plus qu’à huit kilomètres, des détonations sourdes retentissent sans relâche.

Depuis trois semaines, la cité, peuplée avant la guerre de plus de 60 000 habitants, tire le rideau et plie bagage, se vidant de ses commerces, services et institutions. Les banques ont fermé, restent quelques distributeurs réapprovisionnés de manièr

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