Depuis son enfance, Roland Lumumba est obsédé par la même question : que s’est-il passé le 17 janvier 1961 ? Que s’est-il passé le jour où son père, le tout premier Premier ministre du Congo indépendant, a été assassiné ? «Qui est impliqué, comment ça s’est déroulé, pourquoi ?» répète à haute voix le sexagénaire. Dans son récit, un même mot se glisse sans cesse : la «vérité». Celle que sa famille n’a jamais pu obtenir. Mais soixante-cinq ans après les faits, un espoir surgit, alors que la justice belge pourrait être sur le point de franchir un cap historique.
Ce mardi 20 janvier, la chambre du conseil de Bruxelles doit examiner un dossier décisif : celui du possible renvoi en correctionnelle d’Etienne Davignon, un ancien diplomate belge. Aujourd’hui âgé de 93 ans, cet aristocrate est soupçonné d’avoir été aux premières loges quand a été évoqué un projet d’arrestation de Patrice Lumumba. Après des années d’enquête, le parquet fédéral a requis l’ouverture d’un procès pour «détention ou transfert illicite d’un prisonnier de guerre», «privation du droit à un procès équitable» et «traitements inhumains et dégradants».
«C’est un traumatisme qui a été transmis à toute la famille»
Icône de la lutte anticoloniale, Patrice Lumumba était devenu Premier ministre après l’indépendance de son pays, proclamée en juin 1960. Mais après seulement deux mois au pouvoir, le jeune dirigeant est démis de ses fonctions par son propre président, Joseph Kasa-Vubu. Assigné à résidence puis arrêté, Patrice Lumumba est transféré en janvie




