Le 5 mars 1946, Winston Churchill constatait qu’un «rideau de fer s’est abattu sur l’Europe», le monde communiste voulant s’isoler de l’Occident démocratique. Retournement de l’histoire, c’est au tour des démocraties de l’Union européenne d’achever l’érection d’un «rideau de fer» qui s’étend d’Utsjoki, en Finlande, jusqu’à Larnaca, à Chypre, en passant par les îles grecques de la mer Egée. Mais cette fois, il ne s’agit pas d’empêcher les citoyens européens de sortir, mais d’empêcher les étrangers de gagner ce qui reste un eldorado de paix et de prospérité. C’est cette Europe forteresse qu’achève de bâtir le Pacte sur l’immigration et l’asile, que les négociateurs des vingt-sept et du Parlement européen ont adopté mercredi matin, après quatre ans de difficiles négociations. Les ONG de défense des droits humains ne s’y sont pas trompées : elles dénoncent «un système mal conçu, coûteux et cruel» qui va limiter «l’accès à l’asile et les droits de ceux qui sont en quête de protection».
Ce Pacte est, de fait, une victoire idéologique pour Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois, mais aussi pou




