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Violences sexuelles

«Pénétrations», «attouchements», «gifles» et «humiliations physiques et verbales» : deux ex-employées accusent Julio Iglesias de viols et d’agressions sexuelles

Dans une enquête conjointe des médias «El Diario» et «Univision» parues ce mardi 13 janvier, deux ex-employées du chanteur octogénaire l’accusent de «traite d’êtres humains» et de «violences sexuelles». Les faits remonteraient à 2021, dans ses résidences caribéennes.

Deux anciennes employées de Julio Iglesias l'accusent de violences sexuelles. (BERTRAND GUAY/AFP)
Publié le 13/01/2026 à 16h37

Deux femmes ont porté plainte le 5 janvier contre Julio Iglesias auprès du parquet de l’Audiencia Nacional, le tribunal espagnol. Elles accusent le crooner octogénaire de traite d’êtres humains et agression sexuelle, révèlent les médias espagnol El Diario et américain Univision ce mardi 13 janvier.

L’enquête a été menée pendant trois ans auprès de quinze anciennes employées, parmi lesquelles du personnel domestique et d’autres employées qui ont travaillé pour le chanteur entre 1990 et 2023 dans ses propriétés en République dominicaine, aux Bahamas et en Espagne.

La plainte en question fait référence à des faits survenus entre janvier et octobre 2021 dans les propriétés caribéennes d’Iglesias. Ils pourraient constituer «un trafic d’êtres humains à des fins d’imposition de travail forcé et de servitude» ainsi que des faits «de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle».

La plainte cible Iglesias comme l’auteur des faits, mais inclut comme complices deux responsables des maisons du chanteur en République dominicaine et aux Bahamas. La nationalité espagnole d’Iglesias permet de le poursuivre en Espagne, même si les faits qui lui sont reprochés ont eu lieu dans des pays tiers.

Une «petite maison de l’horreur»

El Diario et Univision ont notamment recueilli les témoignages de deux anciennes employées de l’artiste, âgé de 82 ans. La plus jeune des plaignantes était âgée de 22 ans. L’une des femmes était employée de maison et l’autre kinésithérapeute. Ces deux femmes racontent avoir subi des agressions sexuelles «dans un environnement de contrôle et d’intimidation continu» alors qu’elles bossaient pour le compte du chanteur en 2021.

Selon les éléments cités dans l’enquête, Julio Iglesias les pressait d’avoir des relations sexuelles. Elles décrivent «des pénétrations, des attouchements, des gifles et des humiliations physiques et verbales». Ces humiliations, auxquelles s’ajoutaient des insultes, se passaient pendant leur journée de travail.

L’une des femmes a décrit la résidence du chanteur à Punta Cana, où l’artiste passe une partie de son temps, comme une «petite maison de l’horreur». Une des deux victimes affirme en outre qu’elles devaient se soumettre à des examens médicaux, des tests de grossesse et des tests de dépistage des maladies sexuellement transmissibles, comme le VIH.

«Il m’utilisait presque tous les soirs»

L’une de ces victimes explique en outre que le crooner, à l’époque âgé de 77 ans, la faisait régulièrement venir dans sa chambre après sa journée de travail. «Il m’utilisait presque tous les soirs», raconte-t-elle. Elles ont porté plainte auprès du parquet de l’Audience nationale avec le soutien de l’ONG de défense des droits des femmes, Women’s Link Worldwide.

Les anciennes collaboratrices d’Iglesias ont fourni aux journalistes des documents professionnels, des photographies, des enregistrements, des messages WhatsApp, des registres d’appels et des demandes de permis de séjour de Julio Iglesias auprès des gouvernements espagnol, bahaméen et dominicain. Sollicité pour répondre aux accusations portées à son encontre, Julio Iglesias n’a pas encore réagi.

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