La route maritime du nord-est a longtemps fait rêver les aventuriers, avant qu’en 1905, un navire parvienne pour la première fois à rejoindre la Chine depuis l’Europe en longeant les côtes arctiques russes. Un siècle plus tard, cet itinéraire tracé à travers les glaces continue à susciter les fantasmes. Ils ont changé de forme, se sont modelés sur la mondialisation et la volonté russe de contrôle de l’Arctique. Depuis plusieurs années, adossé à sa large flotte de brise-glace nucléaires et aidé par l’accélération de la fonte des glaces, Moscou présente la route du nord-est comme un itinéraire alternatif entre l’Europe et l’Asie qui permettrait d’éviter le canal de Suez, le détroit de Malacca et d’économiser des milliers de kilomètres.
La réalité est bien plus complexe. Le trafic dans ce passage demeure très faible et loin des objectifs russes. Cette année, et alors que la saison de navigati




