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Interview

Plan de paix américain pour l’Ukraine : «Il n’y a jamais eu quelque chose d’équivalent dans l’histoire»

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Pour François Heisbourg, «l’armistice de Rethondes, dans l’Oise, de juin 1940 était presque plus respectueux des droits du vaincu» que les conditions proposées à l’Ukraine par Donald Trump.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le 23 septembre à New York. (Brendan Smialowski/AFP)
ParJean Quatremer
correspondant européen à Bruxelles
Publié le 21/11/2025 à 20h06

Un «dirty deal» qui n’est rien d’autre qu’une «capitulation» et qui ouvre la porte à la prochaine guerre. François Heisbourg, conseiller spécial de la Fondation pour la recherche stratégique et auteur d’Un monde sans l’Amérique (éd. Odile Jacob, 2024), qui se trouve actuellement à Lviv, en Ukraine, n’a pas de mots assez durs pour qualifier les dernières propositions de «paix» américaines.

Comment vos interlocuteurs sur place ont-ils reçu le nouveau «plan de paix» de Donald Trump ?

Avec sidération. Les différents éléments du plan tels qu’ils ont été livrés dans la sphère publique sont, au sens premier du terme, inouïs. Il n’y a jamais eu quelque chose d’équivalent dans l’histoire : un pays envahisseur, soutenu par un pays théoriquement allié de l’Europe, obtient un règlement de paix à ses conditions et au détriment de la partie envahie, qui se retrouve, non pas à la table des négociations, mais au menu.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, parle de «capitulation».

C’est le bon mot. A côté, l’armistice de Rethondes (Oise) de juin 1940 était

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