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Malveillance

Pologne : deux Ukrainiens au service de Moscou soupçonnés d’être à l’origine du sabotage de voie ferrée

Le Premier ministre polonais a dénoncé ce mardi 18 novembre deux citoyens ukrainiens qui collaboraient «depuis longtemps» avec les services russes, et auraient fui vers la Biélorussie.

A Mika, près de Garwolin, dans le centre de la Pologne, après que la ligne a été la cible d'un acte de sabotage lundi 17 novembre 2025. (Wojtek Radwanski/AFP)
Publié le 18/11/2025 à 14h36

La Pologne en sait plus sur l’acte de sabotage sans précédent qui a touché dimanche une voie ferrée. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a donné des précisions ce mardi 18 novembre concernant les personnes qui seraient impliquées dans l’explosion intentionnelle de la ligne Varsovie-Lublin : «Les auteurs identifiés sont deux citoyens ukrainiens qui opèrent et collaborent depuis longtemps avec les services de renseignement russes», ajoutant aussi que «leurs identités sont connues» mais ne seront pas pour l’instant divulguées.

«Menaces terroristes»

L’une des personnes impliquées avait déjà été condamnée en mai «par un tribunal de Lviv par contumace pour sabotage», précise le Premier ministre. L’autre, résident de la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, est un «employé d’un parquet local». Peu de temps après les incidents, les deux suspects auraient quitté la Pologne pour le Bélarus.

Le danger est pour le moment écarté : «ces personnes ont quitté la Pologne et se sont rendues en Biélorussie», a tenté de rassurer le Premier ministre. «Le chef de l’Agence de sécurité intérieure et le ministre de l’Intérieur m’ont demandé d’instaurer le troisième niveau d’alerte, Charlie, en raison de menaces terroristes, a tout de même prévenu Donald Tusk. Ce niveau s’appliquera à certaines lignes ferroviaires, tandis que le reste du pays restera sous le deuxième niveau d’alerte.» «Les actions des services russes s’intensifient à travers l’Europe», regrette-t-il, affirmant vouloir utiliser l’armée polonaise pour «protéger les infrastructures clés comme les chemins de fer».

Car la ligne visée est effectivement importante : elle mène directement de la capitale polonaise à la frontière ukrainienne, ce qui a fait d’elle un axe stratégique pour l’acheminement de l’aide occidentale apportée au pays de Volodymyr Zelensky, agressé par la Russie depuis 2022. Elle pourrait donc avoir été visée à d’autres endroits. Si l’attaque n’a fait aucun blessé, le Premier ministre l’assure : «Leur objectif était de provoquer une catastrophe ferroviaire.»

«Tester les réactions» de la Pologne

Plusieurs dirigeants européens, dont la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, et le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga, ont exprimé leur solidarité avec la Pologne, lundi, après l’annonce des incidents.

Andrïï Sybiga a suggéré que leur objectif pourrait avoir été «de tester les réactions» de la Pologne et de ses alliés. Ces dernières années, la Pologne a restreint la présence de diplomates russes sur son sol, ordonné la fermeture de deux consulats russes et arrêté 55 personnes soupçonnées d’agir pour le compte de Moscou.

Moscou se défend

Soupçonné par Varsovie d’être à l’origine de ces deux actes de sabotage, le Kremlin a réagi ce mardi : «La Russie est accusée de toutes les formes de guerre hybride ou directe qui se produisent et en Pologne, ils font du zèle à ce sujet. La russophobie y fleurit dans toute sa splendeur», a déclaré son porte-parole, Dmitri Peskov. Pour autant, il n’a pas démenti directement les accusations polonaises.

Selon Donald Tusk, les noms des deux suspects devraient être divulgués plus tard dans la journée.

Mise à jour à 16 h 01 avec l’ajout de la réaction du Kremlin.

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