Au moins quinze personnes sont mortes ce mercredi 3 septembre, à Lisbonne, au Portugal, après le déraillement dans l’après-midi du funiculaire Gloria, d’après un responsable de l’Institut national de médecine d’urgence (Inem), équivalent du Samu français, présent sur place. Dix-huit personnes ont été blessées, dont cinq dans un état grave, a également précisé Tiago Augusto. Treize autres seraient légèrement blessées, dont un enfant.
Toutes les victimes ont été dégagées des décombres de l’accident, a indiqué cette même source, qui a ajouté que des étrangers figuraient parmi les victimes, sans être en mesure de préciser leur nationalité.
«A toute vitesse»
D’après le journal portugais Diário de Notícias, l’accident s’est produit peu après 18 heures alors que le train était dans le sens descendant. Le petit wagon très prisé des touristes s’est écrasé contre un immeuble.
Un témoin de l’accident a déclaré à la chaîne portugaise SIC qu’elle avait vu le train descendre «à toute vitesse» sur la pente abrupte où il circule quotidiennement, avant de heurter un immeuble. «Il a percuté un bâtiment avec une force brutale et s’est effondré comme une boîte en carton, il n’avait aucun frein», a raconté cette femme. L’hebdomadaire portugais, Expresso, a publié dans la soirée des images de la catastrophe.
O Elevador da Glória, em Lisboa, descarrilou esta quarta-feira à tarde. O acidente causou mortos e feridos em número ainda a determinar.
— Expresso (@expresso) September 3, 2025
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Sur les photos, on voit le funiculaire, qui transporte habituellement les passagers le long d’une colline de la capitale portugaise, pratiquement détruit, et les secouristes en train d’extraire des personnes des débris. D’après les deux médias portugais, la police judiciaire est sur place pour déterminer si une négligence, voire une implication criminelle, était à l’origine de l’accident.
Dans la soirée, l’entreprise qui gère le funiculaire, Carris, a assuré dans un communiqué que «tous les protocoles de maintenance ont été respectés, notamment la maintenance générale, qui a lieu tous les quatre ans et qui a été effectuée en 2022, la réparation intermédiaire, qui a lieu tous les deux ans, la dernière ayant été effectuée en 2024, et que les programmes de maintenance mensuelle, hebdomadaire et d’inspection quotidienne ont été scrupuleusement respectés.» De son côté, le principal syndicat des transports portugais, avait assuré auprès de l’agence de presse Lusa que les employés de Carris avaient déposé des «plaintes successives» concernant la nécessité d’entretenir les funiculaires de Lisbonne, y compris le Gloria.
Trois millions de passagers par an
Lors d’une conférence de presse donnée dans la soirée, le maire de Lisbonne, Carlos Moedas, a évoqué une «une tragédie qui ne s’était jamais produite dans notre ville». «Lisbonne est en deuil», a-t-il ajouté, sans toutefois donner de bilan précis. En parallèle, le conseil municipal de la capitale a décrété trois jours de deuil sur la commune. De son côté, le gouvernement portugais a décrété une journée de deuil national jeudi.
Dans une note publiée sur le site officiel de la présidence, le dirigeant portugais Marcelo Rebelo de Sousa a dit «profondément regretter l’accident» en particulier «les morts et les blessés graves, ainsi que les plusieurs blessés légers». «Le Président de la République exprime ses condoléances et sa solidarité aux familles touchées par ce drame et espère que l’incident sera rapidement élucidé par les autorités compétentes», a ajouté le chef de l’Etat.
Comme le rappelle le Diário de Notícias, le funiculaire Glória relie la Praça dos Restauradores au Bairro Alto et est l’une des principales attractions touristiques de Lisbonne, transportant plus de trois millions de passagers par an. Il avait déjà déraillé en 2018, sans faire de blessés ni de victimes, en raison d’une «grave défaillance» dans la maintenance des équipements.
Mis à jour à 21 h 40 avec le nouveau bilan de quinze morts ; à 22 h 20, avec le communiqué de l’entreprise qui gère le funiculaire, Carris




