Le variant omicron poursuit sa propagation à grande vitesse, alimentant les inquiétudes et les restrictions dans le monde, à quelques jours des fêtes. Le Royaume-Uni, qui enregistre depuis plusieurs jours des cas positifs records, fait toujours figure d’épicentre de la nouvelle souche, identifiée pour la première fois début novembre en Afrique du Sud, et qui se rajoute au variant delta. Dimanche, Londres a annoncé avoir détecté en vingt-quatre heures plus de 12 000 cas d’omicron supplémentaires, pour un total de 37 000, confirmant son extrême contagiosité. Le secrétaire britannique à la Santé n’exclut pas de nouvelles restrictions avant Noël, ce que recommande d’ailleurs le Conseil scientifique, qui estime que si rien n’est fait rapidement, le nombre de cas pourrait atteindre la barre des deux millions par jour d’ici fin décembre. De quoi sérieusement perturber l’économie et les services de santé. Un rapport publié samedi indique déjà qu’en l’espace de quatre jours, le nombre de personnels de santé absents pour cause de Covid a doublé dans les hôpitaux publics de Londres.
Confinement aux Pays-Bas
Pour tenter d’enrayer l’avancée fulgurante d’omicron, les annonces précipitées de nouvelles restrictions se sont multipliées tout au long du week-end, notamment en Europe, où le nouveau variant pourrait devenir dominant d’ici mi-janvier, estime la Commission européenne. En Irlande, où il est déjà la souche dominante selon les autorités, le Premier ministre, Micheál Martin, a annoncé l’instauration d’un couvre-feu à 20 heures pour les pubs et les restaurants, dès dimanche et jusqu’au 30 janvier.
L’un des tours de vis les plus spectaculaires est venu des Pays-Bas, où le Premier ministre, Mark Rutte, confirmé plus tôt dans la semaine pour un quatrième mandat, a annoncé samedi soir que le pays, «par précaution», devait «retourner au confinement». Il sera néanmoins plus souple que ceux instaurés depuis deux ans dans d’autres pays dont la France, puisque les Néerlandais sont autorisés à sortir de chez eux sans raison. En revanche, le confinement s’accompagne d’une fermeture de tous les commerces non essentiels, restaurants, bars, cinémas ou musées pour près d’un mois, et de l’interdiction d’inviter plus de deux personnes à son domicile, à l’exception de Noël et du nouvel an, où la jauge est portée à quatre. Les écoles resteront, quant à elles, fermées au moins jusqu’au 9 janvier. Un peu plus au nord, le Danemark a également fermé dès dimanche, et pour un mois, ses théâtres, cinémas, musées, salles de concert et parcs d’attractions.
Allocution de Joe Biden
Ces mesures à l’intérieur des pays s’accompagnent de restrictions croissantes aux déplacements. Quelques heures seulement après un appel en ce sens lancé par les régions allemandes, Berlin a annoncé un durcissement des règles d’entrée dans le pays, et a classé le Royaume-Uni dans la catégorie des nations les plus à risque. Ainsi, depuis dimanche minuit, seuls les ressortissants allemands ou les étrangers résidant dans le pays sont autorisés à se rendre en Allemagne depuis la Grande-Bretagne. Les voyageurs, y compris vaccinés, doivent en outre présenter un test PCR négatif et se soumettre à leur arrivée à une quarantaine de deux semaines, de quoi dissuader même les plus motivés. Dimanche, le groupe d’experts qui conseille le gouvernement allemand a plaidé pour des réductions supplémentaires «dans les plus brefs délais», sans plus de précisions. «Si la propagation du variant Omicron en Allemagne devait se poursuivre de la sorte, une partie significative de la population tomberait simultanément malade et/ou serait mise en quarantaine», s’inquiètent-ils dans leur rapport, pointant un risque important de perturbations dans le fonctionnement des «infrastructures critiques» - hôpitaux, sécurité, services de secours, télécommunications, approvisionnement en électricité et en eau.
L’affolement dépasse largement les frontières de l’Europe. Après des mesures similaires visant déjà la quasi-totalité du continent africain, Israël a interdit dimanche à ses citoyens de se rendre dans plusieurs pays européens, dont le Royaume-Uni, la France ou l’Espagne, ainsi qu’aux Emirats arabes unis. Sur recommandation du ministère de la Santé, les Etats-Unis pourraient également être ajoutés à cette liste rouge, malgré les centaines de milliers de binationaux. Outre-Atlantique justement, les indicateurs repartent à la hausse, avec près de 130 000 cas et 1 300 décès quotidiens. A lui seul, l’Etat de New York a annoncé samedi près de 22 000 contaminations en 24 heures, un record. Les fermetures de restaurants et bars, et les annulations de représentations à Broadway, se multiplient, en raison de cas positifs parmi les employés et artistes. Joe Biden s’adressera mardi aux Américains pour faire le point sur la propagation d’omicron et l’importance de la vaccination, a annoncé la Maison Blanche.
Mise à jour : actualisé dimanche à 20h22 avec le rapport des experts qui conseillent le gouvernement allemand.




