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Propos racistes et antisémites : la difficile défense de Nigel Farage, accablé par les accusations d’anciens camarades

«Hitler avait raison», «Gazez-les tous»… Le chef de file du parti d’extrême droite Reform UK assure qu’il n’a pas tenu les propos publiés dans le «Guardian» et accuse le quotidien britannique de vouloir «salir sa réputation».

Le leader de Reform UK, Nigel Farage, lors d'un meeting à Llandudno, au pays de Galles, le lundi 24 novembre 2025. (Peter Byrne/AP)
Publié le 26/11/2025 à 13h18

Le passé finit toujours par nous rattraper. Pour Nigel Farage, chef du parti britannique d’extrême droite Reform UK, l’heure est venue de faire face à des accusations de propos antisémites et racistes formulées à son encontre par ses anciens camarades du Dulwich College, école privée prestigieuse du centre de Londres, où il était scolarisé dans les années 70.

«Gazez-les tous»

Dix-huit d’entre eux ont publié mardi 18 novembre leurs témoignages dans les colonnes du Guardian, se remémorant très distinctement attaques et humiliations que l’artisan du Brexit s’amusait à proférer, de ses 13 à 18 ans, à l’encontre des juifs ou des personnes racisées. Parmi eux, le cinéaste Peter Ettedgui – dont une grande partie de la famille a été exterminée durant l’Holocauste – se souvient de son camarade venant vers lui pour lui expliquer que «Hitler avait raison», lui lancer «gazez-les tous» ou imiter le sifflement des chambres à gaz. D’autres décrivent des insultes et chants racistes à l’égard de camarades noirs, asiatiques ou pakistanais, des saluts nazis en pleine salle de classe… Le tout en étant «heureux et fier de dire qu’il était raciste».

Resté muet face aux accusations, Nigel Farage a été sommé de s’expliquer par le Premier ministre britannique, Keir Starmer. Au lendemain de ces révélations, seul un porte-parole de Reform UK avait pris la parole pour tenter de défendre son chef de parti. Il avait démenti et déclaré que faute de preuves «pour corroborer ces souvenirs contestables datant d’il y a près de cinquante ans», il s’agissait de «leur parole contre la sienne».

Des «plaisanteries»

Il aura fallu six jours à Nigel Farage pour sortir du silence, qui a accordé une interview télévisée lundi 24 novembre, assurant qu’il n’a «jamais directement ni réellement essayé de blesser qui que ce soit». Ne démentant donc pas clairement les accusations, il a admis avoir «probablement mal parlé dans [sa] jeunesse» et espéré n’avoir rien dit qui puisse être interprété comme raciste et non pas comme «des plaisanteries de cour de récréation». Le lendemain, il adoptait finalement un ton plus ferme par voie de communiqué : «Je n’ai pas tenu les propos publiés dans le Guardian.» Le quotidien britannique cherchant seulement, selon lui, à «salir sa réputation».

«Plusieurs livres et des centaines d’histoires ont été écrits à mon propos, mais ce n’est que maintenant que mon parti est en tête des sondages que ces accusations sortent», a-t-il enfin fustigé. Depuis quelques mois, l’ascension de Farage se traduit dans les sondages d’opinion au Royaume-Uni, qui donnent son parti en tête si des élections devaient se tenir rapidement.

De plus en plus populaire, Reform UK propose pour le moment un programme assez vague, mais radical. A la fin août, Nigel Farage a notamment présenté un plan migratoire basé sur des expulsions de masse – il en prévoyait 600 000 – et le retour de ressortissants étrangers dans leurs pays d’origine en échange d’une potentielle rémunération.

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