Redoutez-vous un débordement du conflit, un embrasement, une surenchère militaire ?
Je ne soulignerai jamais assez la gravité du moment : nos décisions et nos actions dans les heures, les jours qui viennent, déterminent les vingt prochaines années. Si nous ne sommes pas assez fermes, si Poutine ne paie pas un prix très élevé dans cette guerre, notre continent ne connaîtra plus la paix. Déjà vendredi, la porte parole du ministère russe des Affaires étrangères a menacé la Finlande et la Suède de «conséquences militaires» si ces pays engageaient des négociations d’adhésion à l’Otan. La Finlande et la Suède, deux pays membres de l’Union européenne ! Nos services de sécurité planchent désormais sur les scénarios suivants, depuis des provocations militaires contre les pays baltes jusqu’à une intervention russe en République serbe de Bosnie. Tout dépend de ce qui se passe en Ukraine, sur le terrain, et de ce qui se décide dans les chancelleries occidentales. Poutine ira aussi loin qu’on lui permettra d’aller.
Interview
Comment expliquez-vous l’incrédulité des Européens face à cette invasion massive dont l’ampleur, sinon la rapidité, avait été sous-estimée ?




