Une visite de Recep Tayyip Erdogan ne passe jamais inaperçue en Allemagne. Que ce soit son discours prononcé dans la salle omnisports de Cologne-Deutz en 2008 pour dénoncer l’intégration de la diaspora («L’assimilation est un crime contre l’humanité»), l’inauguration de la grande mosquée à Cologne en 2018, transformée en cérémonie officielle turque, ou encore l’interdiction de la présence de journalistes dissidents turcs lors d’une conférence de presse la même année avec Angela Merkel, qu’il avait souvent critiquée pour ses «pratiques nazies»… Chaque fois que le président turc touche le sol allemand, le niveau d’alerte et de controverses atteint son paroxysme.
Les Allemands attendent au moins de leur chancelier qu’il rabroue Erdogan, invité ce vendredi 17 novembre à dîner à la chancellerie, pour ses tirades contre Israël, un «Etat terroriste», et pour son éloge du Hamas, une «armée de libération». Erdogan arrive en effet dans un pays qui a fait de la sécurité de l’Etat hébreu une «raison d’Etat».
Tapis rouge
Si on le reçoit à Berlin, c’est aussi parce qu’il reste incontournable. «Les Français ne comprennent pas pourquoi les Allemands sont prêts à avaler autant de couleuvres. On ne peut pas mettre la