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Ukraine

Récit d’une nuit de bombardements russes sur Kyiv : «Un tir de roquette est tombé à sept minutes à pied de chez moi»

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La correspondante de «Libération» en Ukraine raconte les longues heures de cauchemar, marquées par le bourdonnement des drones et les explosions de missiles dans la nuit du mercredi 27 août, lors de l’attaque russe sur la capitale qui a tué au moins 21 personnes.
A Kyiv, jeudi 28 août, après l'attaque de missiles et de drones russes. (Oleskii Filipov /AFP)
par Kristina Berdynskykh, Correspondante à Kyiv
publié le 28 août 2025 à 19h04

Ma mère avait un mauvais pressentiment. Elle sentait que la Russie allait à nouveau bombarder Kyiv. Le soir du mercredi 27 août, elle m’a appelée et m’a dit : «Keith Kellogg est reparti, il faut donc dormir à nouveau par terre dans le couloir.» Le représentant spécial de Donald Trump était en Ukraine les 24 et 25 août, alors que le pays célébrait le 34e anniversaire de son indépendance. La dernière fois qu’il était venu, c’était mi-juillet, et pendant les trois jours de sa visite, tout était très calme, pas le moindre signe d’un missile russe. Depuis, les Ukrainiens plaisantent souvent en disant que Kellogg est la défense antiaérienne la plus fiable de la capitale.

J’ai pensé que ma mère avait tort, que Poutine ne bombarderait probablement pas Kyiv tout de suite, car le président américain lui avait fixé