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Guerre en Ukraine

De nouveaux pourparlers entre l’Ukraine, la Russie et les Etats-Unis à Abou Dhabi prévus la semaine prochaine

Après celles de ce samedi 24 janvier, de nouvelles discussions directes entre Moscou et Kyiv doivent se tenir aux Emirats arabes unis «dès la semaine prochaine».

Le président des Emirats arabes unis, Mohammed Ben Zayed, reçoit les chefs des délégations participant aux pourparlers trilatéraux organisés entre les Etats-Unis, la Russie et l'Ukraine, le vendredi 23 janvier à Abou Dhabi. (Ryan Carter/via Reuters)
Publié le 24/01/2026 à 8h59, mis à jour le 24/01/2026 à 17h12

Les pourparlers entre délégations ukrainienne, russe et américaine se sont achevés ce samedi 24 janvier à Abou Dhabi après des discussions «constructives», selon le président ukrainien Zelensky, qui a indiqué que de nouvelles rencontres pourraient avoir lieu «dès la semaine prochaine».

«Beaucoup de choses ont été évoquées et il est important que les discussions aient été constructives», a écrit Zelensky sur X. Ces pourparlers sont les premières négociations directes connues entre Moscou et Kyiv sur le plan américain de règlement de cette guerre qui a fait des dizaines de milliers de morts depuis 2022.

Le temps des discussions n’a pas arrêté les frappes russes à Kyiv et dans sa région. Dans la nuit de vendredi à samedi, une personne est morte dans une offensive qui a touché une confiserie. Huit personnes ont été également blessées dans la région, et vingt-sept autres dans des bombardements sur Kharkiv qui ont touché une maternité et des immeubles résidentiels, selon les autorités locales.

«Efforts de paix ? Rencontre trilatérale aux Emirats arabes unis ? Diplomatie ? Pour les Ukrainiens, c’était une nouvelle nuit de terreur russe», a dénoncé le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, quelques heures avant cette deuxième journée de négociations entre les délégations ukrainienne, russe et américaine à Abou Dhabi.

Le gouverneur de la région de Kherson (sud) nommé par Moscou, Vladimir Saldo, a accusé de son côté Kyiv d’avoir tué trois personnes dans une frappe sur une ambulance dans ce territoire occupé par les forces russes.

La Russie, qui affirme ne cibler que des objectifs militaires, a visé l’Ukraine avec plus de 370 drones et 27 missiles dans la nuit de vendredi à samedi selon les autorités ukrainiennes, visant les régions de la capitale, de Tcherniguiv (nord), Soumy et Kharkiv (nord-est).

Les bombardements nocturnes ont laissé plus d’un million de personnes sans électricité à Kyiv et dans la région de Tcherniguiv, avec la moitié des immeubles de la capitale de nouveau privés de courant et chauffage, selon Oleksiï Kouleba, vice-Premier ministre pour la reconstruction de l’Ukraine, alors que les températures descendent quotidiennement en dessous de -10°C.

Sans les Européens

Les négociations pour mettre fin au conflit déclenché par l’invasion russe à pleine échelle en février 2022 bloquent sur l’épineuse question territoriale. Le Kremlin a répété vendredi en préambule du premier cycle de discussions que Kyiv doit retirer ses troupes de ce bassin minier et industriel de l’est de l’Ukraine en grande partie contrôlé par Moscou.

Sur le front, les troupes ukrainiennes sont sur le recul depuis près de deux ans face à un adversaire plus nombreux et mieux armé, Kyiv dépendant en grande partie du soutien financier et militaire occidental.

Zelensky pour sa part a assuré avoir obtenu de son homologue américain Donald Trump un accord sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine, lors d’une rencontre en marge du Forum économique de Davos jeudi – ce dernier reste encore à finaliser.

La question des conditions de sécurité pour parvenir à mettre fin à la guerre a été soulevée par la partie américaine à Abou Dhabi, a affirmé le président ukrainien après avoir reçu un rapport sur l’issue des négociations samedi.

Celles-ci se déroulent loin de l’Europe et sans participation des pays de l’UE, lesquels craignent que Washington ne pousse Kyiv à accepter un accord jugé trop favorable à Moscou. La Russie n’a pour sa part eu de cesse de critiquer l’ingérence des Européens dans les négociations.

A Davos jeudi, Zelensky avait critiqué une Europe «fragmentée» et «perdue» lorsqu’il s’agit d’influer sur les positions de Donald Trump et manquant de «volonté politique» face à Vladimir Poutine.

Mise à jour à 17 h 12 avec l’annonce d’un nouveau cycle de pourparlers la semaine prochaine.

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