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Robots tueurs: «Les machines ne devraient pas choisir entre la vie et la mort d’un humain»

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Cette semaine, 125 Etats sont réunis à Genève pour débattre de l’utilisation des robots tueurs. Entre flou conceptuel et mauvaise volonté de certaines puissances, Winston Maxwell, directeur d’études en droit et numérique à Télécom Paris, doute que les discussions aboutissent.

L'un des principes de guerre est de faire la différence entre un combattant et un civil. Or, on ne peut pas affirmer qu’une intelligence artificielle puisse le faire de manière fiable, selon Winston Maxwell. Ici en Turquie, lors d'un exercice militaire fin octobre. (EVRIM AYDIN/Anadolu Agency via AFP)
Publié le 17/12/2021 à 9h36

<Systèmes d’armes létales autonomes. Le nom fait peur, presque autant que son synonyme plus répandu : robots tueurs. L’idée semble tout droit venue de la science-fiction mais elle est, depuis le début de cette semaine, au cœur des discussions de la Convention des Nations unies sur l’emploi de certaines armes classiques (CCAC). En tout, 125 Etats sont réunis jusqu’à ce vendredi pour tenter d’enfin réguler ce sujet, sur le tapis depuis huit ans déjà. Si certains pays souhaitent leur interdiction préventive pure et simple, d’autres, comme la Russie, refusent de se lier par avance les mains. Les Etats-Unis réclament une régulation «sans contraintes». La France, quant à elle, se la joue milieu de terrain : pas besoin d’interdire, il faut surtout «gérer» les risques. Ce vendredi, les Etats feront savoir s’ils souhaitent ou non poursuivre les discussions dans le cadre de la Convention. Mais, pour Winston Maxwell, directeur d’études en droit et numérique à Télécom Paris, l’horizon d’une régulation voire d’une interdiction semble lointain.

«Systèmes d’armes létales autonomes», c’est un nom bien barbare. Concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ?

La définition est justement l’un des problèmes principaux des discussions en cours. Le terme «autonome» notamment pose question : à quoi cela correspond-il exactement ? Par

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