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Royaume-Uni : une chasse à l’homme lancée depuis lundi après la libération par erreur de deux détenus

L’un d’eux s’est rendu de lui-même ce jeudi mais le phénomène est légion en Angleterre et au Pays de Galles où 262 prisonniers ont été relâchés par inadvertance entre mars 2024 et mars 2025. Soit une hausse de 128 % par rapport à l’année précédente.

William Smith, 35 ans, est retourné volontairement dans sa prison londonienne, où il purgeait une peine de 45 mois de détention pour fraudes. (Raylipscombe/Getty Images)
Publié le 06/11/2025 à 18h26

Une erreur «totalement inacceptable», selon le gouvernement britannique. La preuve d’un système qui «doit être réformé». Depuis lundi, les autorités britanniques ont lancé une chasse à l’homme afin de retrouver un détenu libéré par erreur de la prison de Wandsworth, à Londres, à la fin octobre. Brahim Kaddour-Cherif, un Algérien de 24 ans, a été incarcéré pour une tentative d’intrusion en vue de commettre un cambriolage.

Auparavant, il avait été condamné en novembre 2024 pour attentat à la pudeur à 18 mois de travaux d’intérêt général et une inscription au fichier des délinquants sexuels. La police estime que cet homme, visé par une procédure d’expulsion après l’expiration de son visa de tourisme qui lui avait permis d’entrer au Royaume-Uni en 2019, se trouve toujours à Londres.

Un autre détenu, qui avait lui aussi été libéré de la même prison par méprise lundi 3 novembre, s’est pour sa part rendu de lui-même aux autorités, a annoncé la police ce jeudi. William Smith, 35 ans, est retourné volontairement à la prison londonienne, où il purgeait une peine de 45 mois (un peu moins de 4 ans) de détention pour fraudes. La télévision ITV News l’a montré retournant tranquillement au centre de détention, souriant, tout en fumant une cigarette avant d’être réincarcéré.

Une gestion des dossiers «archaïque»

Dans la foulée de ces deux bévues successives, les directeurs de prison ont été convoqués pour une réunion ce jeudi, a rapporté la secrétaire d’Etat à la Justice, Alex Davies-Jones. Une équipe d’experts a par ailleurs été chargée de réformer le système de gestion des dossiers des détenus, qu’elle a jugé «archaïque».

Par ailleurs, deux semaines plus tôt, un demandeur d’asile éthiopien, Hadush Kebatu, condamné en septembre pour des agressions sexuelles – qui avaient déclenché une série de manifestations anti-immigration dans le pays –, avait lui aussi été relâché par erreur. Cela avait suscité de vives critiques sur le fonctionnement du système pénitentiaire. Il a depuis été retrouvé et expulsé vers son pays d’origine.

Le ministre de la Justice, David Lammy, avait alors annoncé le lancement d’une enquête, les chiffres montrant une forte hausse de ces libérations par inadvertance : 262 détenus ont été relâchés par erreur en Angleterre et au Pays de Galles entre mars 2024 et mars 2025, contre 115 un an plus tôt. Soit une augmentation de 128 % par rapport à l’année précédente.

Cette hausse est «inacceptable», a admis cette semaine le ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy. «Nous modernisons les systèmes pénitentiaires, remplaçant le papier par des outils numériques pour réduire les erreurs. Nous travaillons avec la police pour retrouver Brahim Kaddour-Cherif», a-t-il avancé. Le ministre travailliste s’est, lui, dit «absolument indigné et consterné» par cette nouvelle méprise.

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