Dans la nuit du 9 décembre, un avion en provenance du Caire a atterri à l’aéroport Domodedovo de Moscou. A bord, une soixantaine de citoyens russes, partis d’Arizona, aux Etats-Unis, deux jours plus tôt. Cette fois, les passagers de ce vol spécialement affrété ne sont pas des espions ou des diplomates rapatriés dans le cadre d’expulsions croisées, mais des demandeurs d’asile politique, déboutés et expulsés après des semaines ou des mois de détention dans les prisons de la police fédérale de l’immigration américaine (ICE).
Tribune
Ukrainienne naturalisée russe, Anna est l’une d’eux. A 33 ans, la jeune mère de famille vient de passer dix-huit mois derrière les barreaux de centres de rétention en Californie et au Texas et d’être interdite pour les dix années à venir de fouler le sol américain, où sont restés son mari Ilya et leur fils de 8 ans, Yaroslav, dans l’attente d’être régularisés. Ils avaient décidé de quitter la Russie dès le début de




