Le 23 février 2022, alors qu’elle allait se coucher, Ksenia Koldin a sursauté : un cadre photo s’est décroché du mur, au-dessus de son lit. «Mauvais présage», a pensé l’adolescente d’alors 17 ans. Le lendemain, les troupes russes entraient dans Vovtchansk et l’occupaient. «Dès le matin, des véhicules russes circulaient dans la rue», se souvient-elle.
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Ksenia Koldin vivait dans cette ville de 18 000 habitants (avant la guerre), au nord de la région de Kharkiv, à 5 kilomètres de la frontière russe, depuis août 2021, quand, avec son frère cadet Serhiy, ils ont été placés en famille d’accueil. Leur mère, qui les avait élevés à Kharkiv, a fini par être privée de droits parentaux à cause de graves problèmes d’alcool et un comportement violent. La première nuit de la guerre, le frère et la sœur se sont cachés dans un trou sous le plancher, où l’on stockait habituellement des pommes de terre.
«Personne ne m’a rien demandé»
Ksenia était en classe de terminale. La directrice de son établissement avait d’abord déclaré qu’elle ne collaborerait pas avec les envahisseurs, mais dès le mois d’avril, une grande affiche avec le drapeau russe et l’inscription «Victoire» était apparue sur la façade du lycée. En juin, la professeure principale est venue voir Ksenia et Serhiy pour conseiller à l’aînée de poursuivre ses études en Russie. La mère d’accueil, qui élevait en tout six pupilles, «surtout pour toucher les allocations», assure Ksenia Koldin, a immédiatement accepté cette option. «Personne n’a écout




