A l’arrière du camion, la batterie de missiles se soulève sur ses vérins, et s’immobilise à la verticale, ses tubes pointés vers le ciel. Si ordre leur était donné, les huit missiles Aster 30, petites fusées effilées d’une demi-tonne et de cinq mètres de long, propulsées au propergol solide et chargées d’explosif, jailliraient de leur coque de protection dans un jet de flammes et de fumée avant de mettre le cap à 5 000 km /h vers leur cible. Leur mission : détruire en vol drones, missiles de croisière ou balistiques, avions de chasse ou avions radars à 50 à 100 km de distance et jusqu’à 20 000 mètres d’altitude.
Mais ce jour de septembre, le ciel de la base aérienne 702 d’Avord (Cher), deuxième plus grosse base aérienne française, restera bleu. L’armée de l’air et de l’espace fait la démonstration de la conclusion de l’exercice Saphir, qui a mobilisé durant dix jours opérateurs, mécaniciens et industriels autour d’un système sol-air moyenne portée /terrestre (SAMP/T, appelé aussi «Mamba»). «Comme les avions, les systèmes de défense antiaérienne doivent suivre des cycles de maintenance. L’objectif de l’exercice était de maximiser la disponibilité du matériel dans un temps très contraint. Dans un contexte international qui se tend, c’est un défi technique, mais aussi un état d’esprit à acquérir, assure le général Pierre Gaudillière, patron de la brigade aérienne de l’aviation de chasse, qui a organisé l’exercice. L




