Emmanuel Macron a commis une faute diplomatique et politique à l’égard de Kyiv, mais aussi de ses partenaires européens. Alors que l’Ukraine se bat pour sa survie face à un envahisseur brutal qu’aucun crime de guerre et contre l’humanité ne retient, le chef de l’Etat n’a pas hésité, le 9 mai à Strasbourg, jour de la fête de l’Europe, à renvoyer à «plusieurs décennies» dans le futur son adhésion à l’Union européenne, tout en se montrant en même temps d’une compréhension gênante à l’égard de Moscou. Il fallait, en effet, oser appeler «à ne jamais céder à la tentation ni de l’humiliation ni de l’esprit de revanche» alors que pour l’instant, le pays qui cède à ces travers est bel et bien la Russie. On comprend que ces propos aient suscité une forte émotion dans les pays d’Europe de l’Est qui comprennent de moins en moins une diplomatie hexagonale peinant à choisir clairement son camp. Il ne s’agit pas d’une sortie de route improvisée, mais de l’affirmation d’une doctrine ancienne qui a déjà échoué dans le passé et s’est traduite par une perte d’influence de la France tant au sein de l’UE qu’en Occident. On peut la résumer brutalement ainsi : répugnance face à l’élargissement à l’Est, apaisement face à l’empire russe.
Billet
Sur l’Ukraine, Emmanuel Macron prend l’histoire à contre-sens
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En renvoyant sine die une éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, le président de la République a commis une faute diplomatique et politique.
Emmanuel Macron à Strasbourg, le 9 mai. (POOL/Reuters)
Publié le 11/05/2022 à 18h53
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