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Libération
Reportage

Surtourisme à Majorque: après l’exubérance, la décroissance

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Pour se défaire de son image de lieu débauche et réduire son impact environnemental, l’île espagnole des Baléares veut diminuer le nombre de visiteurs et diversifier leur profil.

Pendant un festival de musique à Calvià, sur l’île de Majorque, le 25 juin. (Jaime Reina/AFP)
ParFrançois Musseau
envoyé spécial à Palma de Majorque
Publié le 15/07/2022 à 7h09

«Wear no clothes on the street – penalty 400 euros #havefunwithrespect.» C’est ce qu’on peut lire, en anglais dans le texte, à l’entrée de Punta Ballena, une rue piétonne où déambulent davantage de Nord-Européens que d’autochtones. Sous le soleil assassin du milieu de journée, une bonne douzaine de jeunes venus de Manchester, torse nu, en maillots de bain et tongs, rigolent lorsqu’on leur signale ce message obligeant les visiteurs à se vêtir décemment, inscrit par la municipalité sur une pancarte à la vue de tous. Au milieu de Punta Ballena, les rires fusent de plus belle lorsque les compères se voient indiquer un autre avertissement municipal : «Shout, fight or bother people – penalty 400 euros.» Interdit donc, en théorie et sous peine d’amende salée, de «crier, se battre ou importuner».

La troupe britannique a débarqué il y a deux jours à Magaluf – la Mecque à Majorque du tourisme de masse pétaradant et fêtard – et elle n’a pas l’intention de s’inhiber. «On a vécu deux ans de pandémie tenus en laisse, et on compte bien s’éclater à mort», tonne Chris, 19 ans à l’insolence rigolarde. Les voici qui s’approchent d’un stand de «wave runner», un de ces

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