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Reportage

«Tout le monde est vivant et en bonne santé ?» : à Kyiv, la solidarité entre voisins se tisse sur les réseaux sociaux

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Alors que les bombardements russes plongent la capitale ukrainienne dans le noir et le froid de l’hiver, les groupes de discussion en ligne sont devenus le principal lieu d’échange d’informations, de débats animés et d’entraide dans tous les quartiers de la ville.

A Kyiv privé d'électricité, le 25 janvier 2026. (Valentyn Ogirenko/Reuters)
ParKristina Berdynskykh
Correspondante à Kyiv
Publié le 29/01/2026 à 19h13

Après avoir passé trois jours sans électricité, Anna Romanovskaya, 38 ans, habitante de la rive gauche de Kyiv, a écrit dans la boucle Telegram qui regroupe les voisins de son immeuble de huit étages : «Je suis au bout du rouleau, je vais organiser un barbecue dans la cour.» Après le black-out massif causé par les bombardements russes, les habitants de la capitale ont commencé à organiser des pique-niques spontanés, pour se soutenir mutuellement dans ce contexte de crise énergétique. Mais chez Anna Romanovskaya, il faisait toujours sombre, froid et triste. Dans le groupe WhatsApp de l’immeuble, les voisins continuaient à se disputer sur des questions quotidiennes, accusant pêle-mêle la Russie, le maire, le président, les plombiers et les électriciens, d’être responsables du fait que tout le monde crevait de froid. «Et soudain, Anatoly, qui habite dans l’escalier d’à côté, écrit : “Je suis partant pour un barbecue, allons acheter de la viande demain”», raconte Anna à Libération.

Deux jours plus tard, une cinquantaine de voisins

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