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Bras de fer

Traité commercial UE-Mercosur : la signature reportée à janvier

Le président Lula, qui espérait l’accord ce week-end à l’occasion de la visite au Brésil de la présidente de la Commission européenne, a accepté ce jeudi de repousser l’échéance à la demande de l’Italienne Giorgia Meloni.

Le président du Brésil, Lula, et la présidente du Conseil italienne, Giorgia Meloni, à Rio de Janeiro, au Brésil, en novembre 2024. ( Mauro Pimentel/AFP)
Publié le 18/12/2025 à 18h36, mis à jour le 18/12/2025 à 21h10

Le report de la décision sur le traité commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur est confirmé. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé jeudi soir aux 27 Etats-membres de l’Union européenne le report à janvier de la signature. L’exécutif européen et les quatre Etats de la zone de libre-échange latino-américaine (Brésil, Uruguay, Paraguay, Argentine) espéraient pourtant signer ce week-end, à l’occasion de la visite au Brésil de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le traité de libre-échange. Mais ce jeudi 18 décembre, le chef d’Etat brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a finalement indiqué qu’il se ferait le messager samedi d’une demande de report formulée par l’Italie. La présidente du Conseil, Giorgia Meloni, «m’a [assuré] que si nous pouvions avoir de la patience une semaine, dix jours, un mois, l’Italie soutiendra l’accord», avait déclaré Lula, relatant un entretien téléphonique jeudi avec la dirigeante italienne dont il transmettra la demande au Mercosur pour que celui-ci «décide quoi faire».

«Le gouvernement italien est prêt à signer l’accord dès que les réponses nécessaires auront été apportées aux agriculteurs, ce qui dépend des décisions de la Commission européenne et peut être rapidement réglé», a déclaré Giorgia Meloni dans un communiqué. Réunis ce jeudi 18 décembre à Bruxelles en conseil des chefs d’Etat et de gouvernement, les Vingt-Sept ont fait étalage de leurs divisions, la France ayant notamment rappelé son opposition à un texte massivement rejeté par les syndicats agricoles. Pour obtenir un rejet du texte, Paris devait rallier à sa cause une minorité de blocage. La position de l’Italie, à cet égard, est décisive dans les équilibres de vote.

Ce report offre donc un répit de courte durée à la France, qui ne cesse de marteler que l’accord n’est pas acceptable en l’état mais représente un revers pour la Commission européenne, l’Allemagne et l’Espagne qui poussaient pour une signature dans les prochains jours.

«Meloni joue très finement, c’est un grand sommet pour elle», glisse un diplomate européen. Un autre se montre encore plus cinglant : «Macron ne lui dira jamais publiquement merci, et elle ne dira jamais l’avoir fait comme une faveur à son endroit».

Ultimatum de Lula aux pays européens

L’accord permettrait à l’Union européenne d’exporter davantage de véhicules, de machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine, tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui inquiète les filières concernées.

Ces pays sud-américains sont accusés par de nombreux agriculteurs européens de ne pas respecter les réglementations environnementales et sociales auxquelles eux-mêmes sont soumis, avec à la clef l’opportunité de vendre des produits moins chers. Le président du Brésil, Lula, avait lancé un ultimatum aux Européens, mercredi, en déclarant : «Si on ne le fait pas maintenant, le Brésil ne signera plus l’accord tant que je serai président» - son mandat s’achève fin 2026.

Mise à jour 21h02 avec l’annonce du report par Ursula von der Leyen.

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