La bataille contre la corruption se poursuit en Ukraine. Et cette fois, l’enquête remonte dans les plus hautes autorités du pays, jusqu’au bras droit du président ukrainien. Des perquisitions visant Andriy Yermak, puissant chef de l’administration présidentielle et numéro deux de Volodymyr Zelensky, sont en cours ce vendredi 28 novembre, a annoncé l’agence nationale anticorruption ukrainienne (Nabu).
«Le Nabu et le SAP [le parquet spécialisé anticorruption, ndlr] mènent actuellement des actes d’enquête chez le directeur de cabinet du président de l’Ukraine. Ces opérations sont autorisées et s’inscrivent dans le cadre d’une enquête», a indiqué le Nabu dans un communiqué, annonçant «plus de détails à venir».
Accusé d’avoir concentré trop de pouvoir
De son côté, le principal intéressé s’est voulu coopératif. «Les enquêteurs ne rencontrent aucun obstacle», a indiqué Andriy Yermak via l’application Telegram. Agé de 54 ans, il occupe son poste depuis 2020, deux ans avant le début de l’invasion russe de l’Ukraine. Ancien producteur de cinéma et juriste spécialisé en propriété intellectuelle, il est considéré comme le deuxième homme le plus influent du pays, derrière le président Zelensky, et régulièrement accusé par ses détracteurs de concentrer trop de pouvoirs.
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Ces perquisitions seraient liées à un des graves scandales de corruption de la présidence Zelensky, qui secoue le pays ces dernières semaines et a déjà conduit à la destitution de deux ministres, selon plusieurs députés de l’opposition. Le scandale a éclaté début novembre, quand le Nabu a dévoilé un «système criminel», orchestré selon les enquêteurs par un proche du président et qui a permis de détourner 100 millions de dollars (environ 86 millions d’euros) dans le secteur énergétique.
Ces dernières semaines, de nombreux opposants au président ukrainien ont exigé la démission de Andriy Yermak. Et pour cause, ce dernier est accusé d’avoir été au courant des vols et détournements de fonds dans le secteur énergétique. «Dans les cercles politiques représentant tant le pouvoir que l’opposition, il existe un consensus sur le fait que Yermak doit partir, car il est manifestement impliqué dans cette affaire», explique Yaroslav Zhelezniak, député du parti ukrainien Golos à Libération, le 18 novembre.
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