Au lendemain de frappes russes massives sur l’Ukraine, des milliers d’habitants de la capitale Kyiv sont toujours privés de chauffage ce samedi 10 janvier. Une situation critique qui a poussé les autorités ukrainiennes à exhorter auprès de l’ONU la tenue d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies.
L’instance se réunira lundi à la demande de l’Ukraine à la suite de ces frappes mais également du recours par Moscou à son missile balistique de dernière génération Orechnik. «La Russie a atteint un nouveau niveau effroyable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans ses attaques contre les civils et infrastructures civiles en Ukraine», a dénoncé l’ambassadeur d’Ukraine à l’ONU Andriy Melnyk dans sa lettre demandant la réunion. Dans cette missive, il affirme que l’utilisation du missile constitue une «menace grave et sans précédent pour la sécurité du continent européen». Le projectile a frappé la région de Lviv, frontalière de la Pologne, état membre de l’UE et de l’Otan.
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a condamné ces frappes menées par la Russie. «Les attaques contre des civils et des infrastructures civiles violent le droit international humanitaire. Peu importe où elles se produisent, elles sont inacceptables et doivent cesser immédiatement», a-t-il déclaré selon son porte-parole.
Reportage
A l’unisson, l’Union européenne, Paris, Berlin et Londres ont dénoncé une «escalade» de la part de Moscou dans l’utilisation de ce missile de portée intermédiaire (IRBM) capable d’emporter des ogives nucléaires. Le Royaume-Uni a de son côté annoncé vendredi mobiliser des fonds d’environ 230 millions d’euros pour préparer son armée à un tel déploiement en cas de cessez-le-feu avec la Russie.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réclamé une «réaction claire» de la communauté internationale après cette attaque en pleine vague de froid, qui a touché une quarantaine de sites dans la capitale, tuant au moins 4 civils et faisant plus de 26 blessés. «La moitié des immeubles d’habitation à Kiev — près de 6 000 — sont actuellement privés de chauffage», s’est alarmé le maire Klitschko, qui a exhorté ceux qui le peuvent à quitter «temporairement» la ville.
«Un test»
L’attaque russe a été menée quelques heures seulement après le rejet par Moscou du plan européen de déploiement d’une force multinationale en Ukraine après une éventuelle fin du conflit. Moscou a dit avoir frappé des «cibles stratégiques» en Ukraine, notamment avec son missile balistique Orechnik, dont les ogives peuvent atteindre une vitesse d’environ 13 000 km/h. Selon le ministère russe de la Défense, ces attaques ont été menées «en réponse» à une tentative ukrainienne de frapper une résidence de Vladimir Poutine fin décembre, des accusations que Kyiv et les Américains qualifient de «mensonges».
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a estimé que cette attaque, menée dans une région située près de la frontière avec l’UE et l’Otan, était un «test pour l’alliance transatlantique». Le service ukrainien de sécurité (SBU) a diffusé des images de débris présentés comme étant ceux du missile Orechnik utilisé par Moscou pour frapper la région de Lviv (ouest). Il n’a pas précisé quelles cibles avaient été visées par l’engin ni l’ampleur des dégâts.
Le missile Orechnik, qui ne portait pas d’ogive nucléaire lors de ces tirs, a été utilisé pour la première fois en 2024 contre une usine militaire située dans la ville de Dnipro, dans le centre-est de l’Ukraine.




