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Reportage

Ukraine: les enlèvements russes à Melitopol, «comme une vengeance»

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L’administration de la ville occupée, qui s’est exilée à Zaporijia, tient une base de données des personnes kidnappées par les nouvelles autorités. Elles seraient au moins une trentaine.

Uliana Simonenko à Zaporijia le 5 avril. Cette réfugiée de Melitopol coordonne désormais les efforts de recherche des «Kidnappés de Melitopol», un canal Telegram, et une base de données sur des habitants qui ont été enlevés par les forces d’occupation russes. (William Keo/Magnum Photos pour Libération)
ParVeronika Dorman
envoyée spéciale à Zaporijia (Ukraine)
Publié le 05/04/2022 à 21h08

Uliana Simonenko est née et a vécu toute sa vie à Melitopol, si on ne compte pas l’année qu’elle a passée à Strasbourg pour ses études d’architecture, en 2012. Dans sa ville, la jeune femme de 29 ans avait ouvert un café et une boulangerie françaises, «avec de vrais croissants et des pains au chocolat» (prononce-t-elle fièrement en français) et une boutique de fleurs. Le 25 mars dernier, elle a quitté Melitopol, dans le sud de l’Ukraine, occupée par les forces russes, pour rejoindre Zaporijia, 130 km au nord, en Ukraine libre. Uliana coordonne désormais les efforts de recherche des «Kidnappés de Melitopol», un canal Telegram, et surtout une base de données sur des habitants qui ont été enlevés par les forces d’occupation russes. En tout, depuis le début de la guerre, 31 personnes ont été kidnappées à Melitopol et des dizaines d’autres dans toutes les zones occupées, «de ce que nous savons, parce qu’il y a beaucoup de cas que nous ignorons», précise la jeune femme.

Le premier élu kidnappé par les Russes avait été le maire de Melitopol,

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