Vue du ciel, c’est une petite bourgade du front comme il y en a tant dans ce Donbass désolé, avec ses bicoques à moitié éventrées. Une, deux, puis trois explosions surgissent dans la plaine, trouée de cratères. Puis, une quatrième frappe, mieux calibrée. Une maison s’enflamme. «Boum, dans le mille ! Il y avait des pidory [insulte désignant les Russes, ndlr] dedans», s’exclame Petro Molodyk, la quarantaine. La scène apparaît à l’écran, sous les yeux du commandant barbu, à la faveur d’un drone de reconnaissance survolant ce secteur de Pokrovsk, verrou logistique du Donbass aujourd’hui assailli par les troupes du Kremlin. «On filme tout pour l’histoire», sourit Molodyk. Avachi sur sa chaise et grillant cigarette sur cigarette, il relate les faits d’armes de ses «gars», en tant que chef de son unité d’artillerie de la 155e brigade Anne de Kyiv. «Quand on atteint une cible, après quelques tirs d’ajustement, on ressent de la satisfaction, un point c’est tout. On travaille froidement. Le camp d’en face, je ne les vois pas comme des êtres humains ;
Reportage
Sur le front, des soldats ukrainiens formés par la France à l’épreuve du feu
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Des soldats de la brigade Anne de Kyiv, formés et équipés par la France, combattent dans le secteur de Pokrovsk et expriment leurs réserves quant à leur apprentissage jugé parfois inadapté au théâtre de guerre russo-ukrainien.
Vasil, tankiste et père de famille de 48 ans, a été mobilisé au printemps 2024. (Charles-Frédérick Ouellet/Libération)
Publié le 09/04/2025 à 18h18
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