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Scandale

Affaire de corruption en Ukraine : les ministres de la Justice et de l’Energie démissionnent

Svitlana Gryntchouk a remis ce mercredi 12 novembre sa démission, dans le cadre d’un vaste scandale qui implique des membres de l’entourage de Zelensky. Son prédécesseur à ce poste et ministre de la Justice, Guerman Galouchtchenko, l’a suivie.

L'ex-ministre ukrainien de l'Energie Guerman Galouchtchenko à Londres, le 24 avril 2025. (Justin Tallin/AFP)
Publié le 12/11/2025 à 12h04, mis à jour le 12/11/2025 à 16h42

Après des perquisitions très médiatisées en début de semaine, les décisions tombent pour répondre à l’un des plus importants scandales de corruption en Ukraine depuis le début de l’invasion du pays en 2022. La ministre ukrainienne de l’Energie, Svitlana Gryntchouk, a annoncé ce mercredi 12 novembre sa démission, peu après un appel en ce sens du président Volodymyr Zelensky. «J’ai rédigé une lettre de démission», a déclaré Svitlana Gryntchouk sur Facebook, tout en affirmant n’être à l’origine d’«aucune violation de la loi».

L’affaire de corruption dans le secteur énergétique du pays concerne son prédécesseur à ce poste, Guerman Galouchtchenko, actuel ministre de la Justice, qui a été suspendu plus tôt dans la journée et a annoncé sa démission dans la foulée de celle de Svitlana Gryntchouk.

L’annonce de sa suspension était intervenue peu après que les instances anticorruption du pays ont annoncé avoir mené 70 perquisitions, sur quinze mois de recherches dans le cadre d’une opération intitulée «Midas», visant à mettre au jour les actions d’une «organisation criminelle de haut niveau dans les secteurs de l’énergie et de la défense». Les détectives ont affirmé avoir des éléments sur des faits de «corruption dans le secteur de l’énergie, blanchiment d’argent et enrichissement illicite», à partir d’enregistrements audio publiés qui contiennent des discussions sur des pots-de-vin au ministère de l’Energie, ainsi qu’à Energoatom, l’agence publique du nucléaire.

Au moins 100 millions de dollars détournés

Les enquêteurs estiment que ce système de corruption aurait permis de détourner au moins 100 millions de dollars de fonds. Et il implique l’entourage du président Volodymyr Zelensky − déjà fragilisé cet été par une loi sabordant les instances anticorruption, à laquelle il a finalement renoncé. Parmi ces proches, donc, le ministre Galouchtchenko : le parquet national anticorruption (SAP) l’a accusé d’avoir perçu des «avantages personnels» dans cette affaire en échange du contrôle sur les flux financiers du secteur énergétique.

L’intéressé n’a pas tardé à réagir, en annonçant sobrement être «d’accord» avec sa suspension. C’est «un scénario civilisé et correct. Je me défendrai devant le tribunal», a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. La veille, des médias ukrainiens ont fait savoir que son domicile a été perquisitionné.

Mardi, un autre proche du président, Timour Minditch, a été accusé par des enquêteurs ukrainiens d’avoir orchestré ce vaste système de corruption, notamment autour de l’Energoatom. Selon l’enquête, Galouchtchenko y avait pris part, du temps où il était ministre de l’Energie.

Ces révélations interviennent au moment où l’Ukraine est confrontée à une grave crise énergétique, pilonnée par des bombardements russes, qui provoquent de vastes coupures de courant dans le pays à l’approche de l’hiver.

Mis à jour à 16 h 42 avec les démissions de Svitlana Gryntchouk et Guerman Galouchtchenko.

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