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Réaction

Une ministre groenlandaise «stupéfaite» par le soutien européen après l’attaque douanière de Donald Trump

En charge des Ressources minérales, un dossier particulièrement sensible dans la crise géostratégique qui oppose le Vieux continent aux Etats-Unis, Naaja Nathanielsen a salué la solidarité européenne après la sortie du président d’extrême droite.

Naaja Nathanielsen, ministre des Ressources minérales du Groenland, en janvier à Westminster, au Royaume-Uni. ( James Manning/PA Wire. Abaca)
Publié le 18/01/2026 à 9h08

«Stupéfaite», pas moins. Une des ministres les plus en vue du gouvernement du territoire semi-autonome, Naaja Nathanielsen, a salué samedi 17 janvier la réaction des pays de l’UE et du Royaume-Uni, concernés par les nouvelles menaces douanières de Donald Trump en lien avec la question de l’avenir de l’île.

«Je suis stupéfaite de voir les premières réactions des pays visés. Je suis reconnaissante et remplie d’espoir que la diplomatie et les alliances prévaudront», a dit la ministre des Ressources minérales dans un message publié sur LinkedIn, au soir d’une manifestation ayant réuni plusieurs milliers de personnes dans les rues de Nuuk, capitale d’un territoire de 57 000 habitants.

Samedi, le président américain a concrétisé son chantage évoqué la veille en annonçant la mise en place de nouveaux droits de douane sur les importations en provenance de huit pays européens le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande - qui ont envoyé des militaires au Groenland convoité par Donald Trump. Une mission de reconnaissance qui s’inscrit dans le cadre de l’exercice danois «Arctic Endurance» organisé avec des alliés de l’Otan, et que plusieurs experts s’accordent à décrire comme un «signalement stratégique» vis-à-vis de Washington.

Les menaces de Trump jugées «inacceptables»

Plusieurs dirigeants européens, comme le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre, ont jugé ces menaces «inacceptables». L’Union européenne a mis en garde contre une «spirale dangereuse». Le Premier ministre suédois a de son côté assuré : «Nous ne nous laisserons pas intimider.»

«Ces pays, qui se livrent à ce jeu très dangereux, ont pris un risque inacceptable», a écrit Donald Trump sur Truth Social, menaçant de leur imposer de nouveaux droits de douane jusqu’à ce qu’«un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland». Depuis son retour au pouvoir, le président américain parle régulièrement de prendre le contrôle de l’immense île arctique rattachée au Danemark, assurant vouloir faire pièce aux avancées russes et chinoises en Arctique.

Naaja Nathanielsen dit avoir appris les projets de Donald Trump au retour de la manifestation à Nuuk, qui suivait de peu un autre rassemblement à Copenhague, le matin même, qui avait lui aussi réuni plusieurs milliers de personnes, arborant pour beaucoup le slogan «Make America Go Away», détournement du «Maga» trumpiste. Selon le dernier sondage publié en janvier 2025, 85 % des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux États-Unis. Seuls 6 % y sont favorables.

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