De gros flocons de neige mouillée tombent dans la rue. «Mon chéri, je t’aime tellement, tu es ce que j’ai de plus précieux. A bientôt !» Olga Kurtmalayeva, 26 ans, debout près d’un hôpital de la région de Tchernihiv, au nord-est de Kyiv, raccroche son portable, le visage radieux. Enfin, elle a entendu la voix de son mari Ruslan. Le marine a passé trois ans et dix mois en captivité en Russie et est revenu en Ukraine le 5 février à la suite d’un échange de prisonniers.
Il faudra attendre encore plusieurs heures pour que les hommes libérés arrivent de la frontière bélarusse à l’hôpital, où attend la jeune femme. Mais soudain, vêtue d’une veste d’hiver noire et enveloppée dans un drapeau portant l’inscription «bienvenue à la maison, héros», la voilà qui court vers un bus et crie le nom de son bien-aimé. «Je n’avais jamais crié aussi fort», dit-elle à Libération cinq jours après leurs retrouvailles tant attendues.
L’enfer
Il y a eu des embrassades et des baisers sous les flashs des appareils photo et des caméras, et seulement cinq minutes pour discuter en tête-à-tête, après quoi les militaires ukrainiens ont été emmenés dans une autre région pour y être soignés et y suivre une rééducation avant leur retour à la vie civile. Olga Kurtmalayeva, quant à elle, est




