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Eurovision 2026 : comme l’Espagne, la Slovénie et l’Irlande, les Pays-Bas menacent de se retirer si Israël participe

L’association de l’audiovisuel public néerlandais a déclaré vendredi que leur pays boycottera la compétition en cas de participation israélienne, en raison de la guerre à Gaza. Son homologue irlandais a fait une annonce similaire la veille.

Vienne accueillera la 70e édition de l'Eurovision en mai 2026. (Hans Klaus Techt/APA-PictureDesk. AFP)
Publié le 11/09/2025 à 18h57, mis à jour le 16/09/2025 à 13h00

La politique a beau être officiellement interdite sur la scène de la plus grande compétition européenne de chant, ses coulisses en sont émaillées. La télévision publique espagnole RTVE, chargée de sélectionner le représentant ibérique, a annoncé ce mardi 16 septembre que le pays ne participera pas à l’Eurovision «si Israël continue à prendre part au festival de musique alors que le massacre à Gaza persiste». Le ministre de la Culture, Ernest Urtasun, avait ouvert la porte début septembre. Il a déclaré qu’il «faudra prendre des mesures» si l’Etat hébreu participe l’an prochain.

En mai, le Premier ministre Pedro Sánchez avait déjà appelé Israël à se retirer de l’Eurovision 2026, arguant que le pays devrait être soumis aux mêmes normes concernant la guerre à Gaza que celles qui ont été appliquées à la Russie pour son invasion de l’Ukraine. La RTVE avait réclamé un «débat» sur la présence d’Israël et défié l’organisateur en diffusant l’an dernier un message de soutien aux Palestiniens avant sa retransmission de l’événement. Si, habituellement les diffuseurs doivent annoncer leur participation au concours avant octobre, la date limite a été repoussée à décembre, sans pénalités financières.

«Pertes humaines effroyables»

Vendredi 12 septembre, les Pays-Bas avaient également annoncé qu’ils boycotteront l’édition 2026 de l’Eurovision à Vienne si Israël maintient sa candidature. Le groupe audiovisuel public irlandais, RTE, avait publié un communiqué du même acabit le 11 septembre.

L’association de l’audiovisuel public néerlandaise Avrotros, chargé de la participation des Pays-Bas, a justifié sa décision par les «sérieuses violations de la liberté de la presse» commises par les Israéliens à Gaza, selon son communiqué. Elle accuse aussi Israël d’avoir commis «des interférences prouvées lors de la dernière édition, se livrant à une instrumentalisation politique de l’événement».

Son homologue irlandais, RTE, a tenu peu ou prou le même argumentaire jeudi. «La participation de l’Irlande serait inconcevable compte tenu des pertes humaines effroyables et persistantes à Gaza». Le diffuseur se dit également «profondément préoccupé par les assassinats ciblés de journalistes à Gaza».

La décision finale sera prise une fois que l’organisateur de l’évènement, l’Union européenne de radio-télévision (UER), communiquera sur la participation d’Israël plus tard dans l’année, a fait savoir RTE.

Déjà en juillet, lors de l’Assemblée générale de l’UER, plusieurs pays avaient «exprimé des préoccupations concernant la participation d’Israël» à Vienne en 2026, comme le rappelle le groupe. «Si Israël participe au concours, nous ne participerons pas», avait lancé à cette occasion le patron de la télévision publique slovène RTVSLO. La Slovénie menace depuis plusieurs mois de faire l’impasse sur le prochain concours.

«Inquiétudes et opinions»

L’Eurovision étant largement influencé par la géopolitique et les crises que traverse l’Europe pour sa création, il n’est pas étonnant que la participation d’Israël crée des tensions. Ce ne sont pas les premières : les polémiques surgissent régulièrement et, comme en 2024, plusieurs personnalités du concours se sont prononcées, en mai 2025, contre une participation israélienne lors de l’édition prochaine.

«Nous comprenons les inquiétudes et les opinions profondément ancrées concernant le conflit actuel au Moyen-Orient, a réagi Martin Green, directeur de la compétition cité par le Guardian. Il appartient à chaque membre de décider s’il souhaite participer au concours et nous respecterons toute décision prise par les diffuseurs.»

L’Irlande, l’Espagne et la Slovénie, en compagnie de la Norvège, sont les pays européens qui ont pour l’instant reconnu l’Etat de Palestine au printemps 2024, et se sont montrés très critiques du gouvernement de Benyamin Nétanyahou et de la guerre dans la bande de Gaza. La France va sans doute faire de même dans le courant du mois à l’occasion de la 80e assemblée générale de l’ONU.

Mise à jour ce vendredi 12 septembre à 15 h 27 avec l’annonce de la position des Pays-Bas ; ce mardi 16 septembre à 13 heures avec l’annonce de la RTVE.

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